masque jeté en ville

2020, un été exceptionnel

11 septembre 2020

Marillys Macé était au micro de France Bleu Touraine le 9 septembre pour faire le point sur « la qualité de l’eau du robinet » alors que la période estivale a été marquée, une nouvelle fois, par la sécheresse, mais aussi par de nouvelles pollutions telles que les masques jetables et les lingettes.

L'eau reste le produit alimentaire le plus contrôlé

La Directrice générale du Centre d’information sur l’eau, dont la mission est d’informer les consommateurs sur l’eau du robinet, le service public d’eau et d’assainissement, et la ressource dans toute la France, répondait mercredi aux questions d’Arnaud Fromage sur l’antenne de France Bleu Touraine.

Interrogée sur le goût de l’eau, Marillys Macé a confirmé que celui-ci n’est pas le même partout : il se forme tout au long du parcours de l’eau à travers les roches plus ou moins minéralisées, ce qui fait de l’eau un véritable produit de terroir !

Quant au chlore, dont la présence est indispensable pour garantir la qualité microbiologique de l’eau (dans une quantité infime de l’ordre d’une goutte par m3 d’eau), il est facile de faire disparaître son goût, en aérant simplement l’eau dans une carafe.

Avec 15 millions d’analyses par an et 70 normes à respecter, l’eau reste le produit alimentaire le plus contrôlé. Parmi les nombreux paramètres de conformité, la présence de bactéries est particulièrement scrutée, les pesticides et autres substances diffuses.

Avec le coronavirus, de nouvelles pollutions

Cet été 2020 a bien sûr été marqué par la pandémie qui affecte de nombreux aspects de nos vies et notamment notre rapport à l’eau. Beaucoup de consommateurs se sont d’ailleurs demandé si le virus peut ou non se retrouver dans l’eau du robinet.

« On sait désormais que l’enveloppe de ce virus, très fragile, ne résiste pas à l’eau » explique Marillys Macé. » Les quantités infimes de virus, sous forme de traces, qui ont été observées dans les eaux usées ne présentent aucun danger pour la santé. »

Face au virus, certaines villes ont pu, par précaution, augmenter localement la quantité de chlore dans l’eau. Cependant, on n’observe plus aujourd’hui d’augmentation de ce type car l’on sait maintenant que c’est inutile.

En revanche, les masques abandonnés dans la nature et les lingettes jetées dans les toilettes créent une nouvelle pollution dans les cours d’eau qui pourrait être amenée à durer. Ce sont souvent les masques jetés en ville dans les caniveaux qui passent dans le système de canalisation jusqu’aux usines de dépollution qui traitent les eaux usées avant leur rejet dans la nature, et viennent à boucher les équipements. Les consommateurs l’ignorent, peut-être, mais cela a un coût très important pour les collectivités ! Il est donc important de rappeler que les masques doivent être jetés à la poubelle et pas dans la rue. D’autant que cette pollution s’ajoute à celle des lingettes, déjà bien connue des professionnels de l’eau.

En effet, ce sont plusieurs centaines de tonnes de lingettes qui sont utilisées chaque mois par les français. Les consommateurs pensent d’ailleurs souvent que ces lingettes se délitent, comme le laissent parfois entendre les marques, et croient bien faire en jetant ces lingettes dans les toilettes. Or là encore ces lingettes viennent encombrer le circuit des eaux usées et créer des bouchons très importants. Pendant le confinement, ce ne sont pas moins de 70% des interventions dans les stations d’épuration que l’on a attribué aux lingettes et aux masques.

Le C.I.eau a d’ailleurs lancé l’alerte sur ce risque au printemps car le dysfonctionnement d’une station d’épuration peur représenter un risque sanitaire sérieux.

Une sécheresse à nouveau marquée cet été

Chaleur et sécheresse ont encore été au rendez-vous cette été, à tel point qu’en ce mois de septembre, de nombreux cours d’eau présentent des débits inférieurs aux seuils d’alerte. En début de semaine, 79 départements étaient toujours touchés par la sécheresse, avec de nombreux arrêtés et alertes renforcées en vigueur.

« Selon les experts, en 2050, toute la France va être touchée par l’aridité » rappelle Marillys Macé. Il est donc indispensable que chacun joue son rôle pour préserver nos ressources en eau. Comment ? On estime qu’il est possible d’utiliser deux à trois fois moins d’eau sans perdre son confort, en respectant quelques gestes simples, rappelés cet été par le C.I.eau.

 

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Marillys Macé

Directrice générale du Centre d’information sur l’eau, dont la vocation est d'apporter des connaissances pédagogiques sur l'eau distribuée et sur la gestion de l'eau en France, d'analyser les comportements des consommateurs et d'analyser le discours des médias.

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