Connaissez-vous les usages non domestiques de l’eau ?

Connaissez-vous les usages non domestiques de l’eau ?

Pour savoir quel rôle joue l'eau au-delà de nos foyers
L'eau est au cœur de nos vies. Nous en utilisons quotidiennement pour boire, cuisiner, se laver, nettoyer… Mais en dehors de nos foyers, l'eau est également foncièrement utile : agriculture, production industrielle, transport, nettoyage des cités, énergie… Quel rôle joue l'eau pour satisfaire ces autres usages ? Et dans quels buts ? Vous allez tout savoir sur les usages non domestiques de l'eau en France

Utilisation de l'eau pour l'agriculture

Irrigation, alimentation du bétail ou lavage des installations… l’agriculture est l’activité humaine qui utilise la plus grande quantité d’eau. Avec une production agricole de 73 milliards d’euros en 2014, la France au premier rang, contribue à concurrence de 19% à la production de l’Union européenne, suivie par l’Allemagne (12%), l’Italie (12%) et l’Espagne (10%). Les activités agricoles occupent 28 millions d’hectares sur 55 millions d’hectares du territoire métropolitain.

L’irrigation : facteur de production pour l’agriculture

Principale source d’utilisation d’eau de l’agriculture, l’irrigation représente 3 143 millions de m3 d’eau prélevée chaque année, soit 9%* des prélèvements nationaux (48%* en part consommée). Le développement de l’irrigation et de l’évolution des pratiques agricoles ont engendré une forte progression des prélèvements d’eau en 30 ans. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 1970 et 2000, les surfaces irrigables sont passées de 760 000 ha à 2,6 millions hectares de terres équipées pour l’irrigation**. Entre 2000 et 2010, la tendance s’inverse, la surface des terres irrigables diminue de 12% par rapport à 2000 et sa part dans la surface des terres dédiées à une activité agricole (SAU) baisse pour avoisiner les 9 %.

Cependant, la part des surfaces irriguées (dépendante en partie des variabilités climatiques) demeure stable entre 2000 et 2010. En 2010, en France métropolitaine, 74 000 exploitations ont irrigué 1,6 millions d’hectares de terres sur un total de 29,2 millions cultivés, soit 6% de la superficie agricole utilisée. Comme en 2000, 1 agriculteur sur 6 a eu recours à l’irrigation en 2010.

* Source : Agences de l’eau – SOeS, 2012.
** Source : SSP – Agreste – Recensements agricoles de 1970 à 2010

Le choix de l’irrigation pour de nombreuses productions

L’irrigation permet la diversification des cultures : maraîchage, cultures légumières et fruitières, production de semences, grandes cultures.

Le maïs, demeure la principale culture irriguée en France représentant 41% des surfaces irriguées.

Le blé est la culture dont les surfaces irriguées ont le plus fortement augmenté entre 2000 et 2010 en passant de 30.000 à 200.000 ha (soit 13 % des surfaces irriguées). Les surfaces irriguées de tournesol ont aussi progressé en passant de 11.000 ha en 2000 à 26.000 en 2010. Le tournesol est une culture résistante aux conditions sèches il est donc une alternative intéressante au maïs plus gourmand en eau (taux d’irrigation 4%°).

Les surfaces irriguées en pommes de terre et de betteraves industrielles progressent respectivement de 10 % et de 20 %.

Les cultures fruitières et légumières conservent pour leur part un taux d’irrigation relativement élevé (taux d’irrigation 60 %).

Utilisation de l'eau pour l'agriculture

Source : Agreste Enquête

Les surfaces irriguées en France

Les volumes prélevés pour l’irrigation sont fonction de la nature des cultures, de l’importance des activités agricoles, du climat et aussi du mode d’irrigation. Ainsi, de grands volumes sont mobilisés dans le sud de la France (les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon et la Corse prélèvent les plus forts volumes ramenés à l’hectare irrigué) plus au nord, les prélèvements sont également importants dans certaines régions de grandes cultures (Poitou-Charentes, Centre). Dans le nord de la France, malgré une activité agricole assez forte, les précipitations en moyenne plus fortes qu’au sud rendent les besoins en eau moins importants. Les prélèvements ne sont toutefois pas constants d’une année sur l’autre. Les régions Centre, Aquitaine, Midi-Pyrénées sont les 3 régions françaises où les surfaces irriguées sont les plus importantes. Près de 60 % des surfaces irriguées se concentrent en région, Aquitaine, en Midi-Pyrénées, dans le Centre, en Poitou-Charentes, en Pays de la Loire et dans le Centre (source : Recensement agricole 2010).

La Charente Maritime, le Gers, la Haute Garonne, les Landes, le Lot et Garonne et la Vendée ont plus de 40 000 hectares irrigués chacun pour la production de céréales, d’oléagineux et de protéagineux.

Des techniques d’irrigation en évolution pour une meilleure gestion de l’eau

La maîtrise de l’irrigation est un facteur qui permet de maintenir une production régulière, en quantité et en qualité des produits cultivés. L’insuffisance comme l’excès d’eau perturbent la plante. Résultats ? Des attaques de parasites, des défauts d’aspect. Par exemple, pour les fruits, légumes ou fleurs, une insuffisance d’eau se traduit par une baisse de qualité, les rendant parfois impropres à la vente. L’absence d’irrigation remettrait en cause l’existence même de l’agriculteur.

Ainsi, selon la nature du sol, le type de cultures, la superficie de la parcelle et le rendement escompté, les besoins en eau sont différents, mais des techniques plus modernes d’irrigation permettent de limiter les pertes en eau et de réguler les apports.

L’aspersion : projection d’eau en pluie sur la parcelle à irriguer. Méthode très largement utilisée par 80% des agriculteurs.

L’irrigation au « goutte-à-goutte » ou micro-irrigation : technique la plus moderne et la plus économe en eau. Elle consiste à effectuer des apports en eau localisés au niveau des racines. En 2010, un irrigant sur 4 en est équipé. Cette technique est utilisée en viticulture (les apports en eau doivent être précis et adaptés au style de vin produit), en culture fruitière, en maraîchage et en horticulture.

 

De l'eau pour les élevages

L’alimentation du bétail, le lavage des installations… sont des activité fortement consommatrices d’eau. Les besoins quotidiens en eau du bétail varient selon les espèces animales. Tout comme le poids et le stade de croissance de l’animal. Comme le lait contient plus de 85 % d’eau, il est important que les vaches laitières consomment suffisamment d’eau. Une vache laitière consomme en moyenne entre 65 et 90 litres par jour, soit 23 à 32 m3 d’eau par an et par animal (source agence de l’eau Adour Garonne). L’éleveur met à disposition des animaux, au pré ou à l’étable, de l’eau potable. Un bovin adulte, par exemple, peut consommer jusqu’à plus de 100 litres d’eau par jour, suivant la nature de sa ration, la saison et le type de production (bovins laitiers, bovins de boucherie). La consommation d’eau moyenne des ovins (moutons, brebis…) est estimée entre 5 et 10 litres, moins d’½ litre pour les lapins et autres animaux de basse-cour.

L'eau dans l'industrie

L’utilisation d’eau est au cœur de nombreux processus industriels. Elle peut participer au processus industriel proprement dit, être utilisée pour le lavage et l’évacuation des déchets, pour le refroidissement des installations ou pour faire fonctionner les chaudières. (Le refroidissement des installations représente l’essentielle de la consommation industrielle). Les prélèvements pour l’industrie représentent 3,3 milliards de m3 d’eau (soit 10% des prélèvements), liés aux activités industrielles ils ont diminué de 20% depuis 1999.
Sources : Agences de l’eau – SOeS 2012

Cette diminution progressive et significative des prélèvements depuis 1997 s’explique principalement par le ralentissement de certaines activités industrielles, l’amélioration de process plus économe et au recours à des systèmes de circuits fermés. Le secteur de l’industrie présente des différences régionales assez marquées, reflétant l’implantation des activités industrielles. Les prélèvements pour l’industrie sont plus importants dans les régions de l’Est, du Nord, du Sud-Ouest et de la Vallée du Rhône. 75 % des prélèvements en eau de l’industrie manufacturière provient dans l’ordre : des industries chimiques, alimentaires, cartonnières et papetières (source : Agences de l’eau 2007).

L'eau pour produire de l'énergie

En France, la production d’énergie électrique (essentiellement d’origine nucléaire) est de loin le secteur qui prélève les plus grandes quantités d’eau. En 2009, 64% des prélèvements (soit 21,5 milliards de m3 d’eau) dans les eaux de surface, ont servis au refroidissement des centrales thermiques classiques et nucléaires. Mais près de 90% des prélèvements pour la production d’électricité est restituée au milieu naturel, près du point de pompage. Depuis le début des années 90, les prélèvements d’eau ont diminué avec le passage d’un grand nombre de centrales à circuit « ouvert », prélevant plus d’eau, à un circuit « fermé ».

La répartition géographique des prélèvements d’eau liés à la production d’énergie suit celle des centrales thermiques (Ile de France, Pays de la Loire, Lorraine, Languedoc-Roussillon) et des centrales nucléaires (Rhône-Alpes, Aquitaine, Centre, Pays de la Loire, Alsace). Le besoin des centrales thermiques est de 10 m3 par seconde et celui des centrales nucléaires est compris entre 40 et 50 m3 par seconde. La production d’énergie a des implications sur la gestion de la ressource, car la très grande majorité de l’eau prélevée, n’est pas consommée mais, rejetée dans les milieux naturels après usage. Ces prélèvements peuvent présenter des impacts sur le régime des eaux et la température des milieux aquatiques. En effet, les rejets d’eau des centrales thermiques dans le milieu naturel sont plus chauds que sur le lieu de leur captage, particulièrement en été quand les niveaux d’eau sont faibles et la température déjà naturellement élevée. Le réchauffement d’un cours d’eau utilisé par une centrale électrique en circuit ouvert est limité à une dizaine de degrés.

C’est en été quand les niveaux d’eau sont plus faibles et les températures ambiantes naturellement élevées, que la gestion de ces contraintes thermiques impose parfois des réductions de puissance, ou nécessite des dérogations exceptionnelles de dépassement des maxima légaux, de 1 à 3°C, entre l’amont et l’aval de la centrale.