Facture de l'eau

Pourquoi payer l’eau ?

Découvrez en détail les coulisses de votre facture d'eau
Nous parlons tous du « prix de l'eau » alors que cette terminologie est inexacte puisque l’eau est offerte par la nature. Ce que nous payons correspond à l'ensemble des services rendus aux utilisateurs le traitement pour rendre l’eau potable, son transport à domicile, la dépollution des eaux usées pour préserver l’environnement l’accompagnement quotidien des consommateurs et les services pour simplifier leur quotidien. Il est donc plus juste de parler du « prix des services de l'eau ».

Qu'est-ce que le prix des services de l’eau et de l’assainissement ?

Petit cycle de l’eau pour mieux comprendre l’intervention des services de l’eau

Petit cycle de l'eau pour mieux comprendre l'intervention des services de l'eau

  1. Prélèvement, captage
  2. Traitement, production d’eau potable
  3. Stockage
  4. Acheminement, distribution
  5. Collecte des eaux usées
  6. Traitement des eaux usées
  7. Retour au milieu naturel

Qui fixe le tarif de l'eau ?

La municipalité (ou l’intercommunalité) est responsable de la distribution de l’eau sur le territoire de la commune. Elle doit faire face aux dépenses d’entretien des équipements et aux investissements indispensables pour maintenir la qualité de ses services d’eau et d’assainissement des eaux usées. Elle fixe donc les tarifs en fonction du niveau d’équipement qu’elle a souhaité. Contrairement à d’autres produits, l’eau doit être produite à proximité de l’endroit où elle sera consommée. Or, les ressources d’eau disponibles sont de qualité et de quantité variables. Les contraintes géographiques et techniques font fluctuer le niveau d’investissement et, par extension, le coût de l’eau d’une commune à l’autre, même pour deux collectivités proches.

Source : AMF février 2016
Source : AMF février 2016

La tarification des services de l’eau repose sur deux principes :

  • L’eau paie l’eau – Les communes ont l’obligation d’équilibrer leurs dépenses pour les services d’eau par des recettes qui sont perçues via la facture d’eau.
  • Le pollueur est le payeur – Les frais résultant des mesures de prévention et de lutte contre la pollution sont pris en charge par les pollueurs. C’est le fondement des politiques environnementales des pays développés. En France, c’est le code de l’Environnement qui a institué ce principe. C’est ainsi que des organismes publics collectent des redevances et des taxes via les factures d’eau pour les redistribuer sous forme d’aides pour préserver les ressources en eau et les milieux aquatiques.

La collectivité locale est responsable de la fourniture de l’eau potable, de la dépollution des eaux usées et de la fixation du prix des services de l’eau. Cette règle a été réaffirmée par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) de 2006.

Depuis 1992, afin de lutter contre le gaspillage de la ressource en eau, la facturation de l’eau repose principalement sur la consommation réelle d’eau potable telle qu’elle est enregistrée au compteur et non plus au forfait. La LEMA précise toutefois que le prix peut comprendre un montant calculé indépendamment du volume, en fonction des charges fixes du service et des caractéristiques du branchement, notamment du nombre de logements desservis.

Deux choix pour l’organisation du service de l’eau :

  1. La commune organise seule le service de l’eau
  2. La commune rejoint une structure de coopération intercommunale.

Deux choix également concernant la gestion de l’eau et la dépollution des eaux usées :

  1. La collectivité locale gère le service elle-même avec son personnel. On dit alors que le service de l’eau est en régie
  2. La commune établit un contrat avec une entreprise pour en assurer l’exploitation. Le service de l’eau est alors en délégation de service public (DSP)

Quelle que soit la forme de gestion choisie, les collectivités locales sont propriétaires des installations et responsables de la fixation du prix des services de l’eau (hors redevances et taxes). Les communes peuvent aussi opter pour une gestion mixte. Elles n’exploitent alors qu’une partie du service (usine d’eau potable et distribution de l’eau) ou de traitement des eaux usées (collecte et dépollution).

Comment le prix est-il révisé ?

Si le service est géré directement en régie, le prix est fixé chaque année par l’assemblée délibérante de la collectivité, en fonction du niveau de recettes nécessaires pour couvrir les dépenses à prévoir au budget. Le budget du service doit être voté annuellement en équilibre. (…)

Lorsque le service est délégué, le prix comporte, en général, deux éléments :

  • la redevance perçue auprès de l’usager par le délégataire en rémunération du service rendu,
  • la surtaxe destinée à la collectivité publique.

La délibération annuelle de chaque collectivité ne porte que sur le tarif de cette surtaxe qui est prélevée afin de couvrir dans son budget, le financement des investissements dont elle conserve la charge. La partie du prix de l’eau correspondant aux dépenses d’exploitation du délégataire est perçue par celui-ci conformément à une clause contractuelle passé entre la collectivité délégante et l’opérateur délégataire. »

Cette clause fait l’objet d’une révision quinquennale.

Quant aux redevances destinées aux agences de l’eau, elles sont votées par le comité de bassin une fois par an, sans pouvoir dépasser une limite fixée par la loi, en tenant compte de la vulnérabilité locale des milieux naturels à la pollution.

Et en fait, que paye t-on ?

Le prix des services d’eau et d’assainissement se décompose, selon le Code général de collectivités territoriales, selon une facturation dite du « binôme ». Chaque usager peut ainsi trouver sur sa facture :

  • une partie fixe correspondant à une redevance d’abonnement au service : relevé du compteur, entretien des installations, facturation… Le montant peut varier selon les communes, le diamètre du compteur ou des branchements et n’inclut pas toujours la location du compteur
  • une partie variable dépendant du volume d’eau consommé entre deux relevés

Les trois postes budgétaires du prix des services de l’eau et de d’assainissement

Les trois postes budgétaires du prix des services de l'eau et de d'assainissement

La distribution de l’eau

Pour financer toutes les étapes nécessaires à l’obtention d’une eau de qualité :

  • Prélèvement de l’eau dans la ressource
  • Traitements pour la rendre potable
  • Stockage
  • Contrôles tout au long du parcours
  • Acheminement jusqu’au domicile.
  • Redevance « prélèvement des ressources en eau » due par les services d’eau (mairies, syndicats d’eau, délégataires) aux agences de l’eau en fonction des volumes prélevés dans la nature, qu’ils répercutent sur la facture de l’usager car elle fait partie du coût d’exploitation. Dans un souci de simplification, certains services d’eau ont choisi de la faire figurer dans la partie « organismes publics ».

La collecte et traitement des eaux usées

Ce poste correspond aux coûts liés aux services de collecte, transport et nettoyage des eaux usées et entretien du réseau d’égouts. En effet, après avoir été utilisée, l’eau est évacuée hors des habitations puis collectée et traitée en station d’épuration avant son retour dans le milieu naturel.

Les organismes publics

Regroupe les sommes perçues par des organismes publics ayant en charge de gérer l’eau :

  • Les sommes perçues par des organismes publics chargés de gérer l’eau. Les montants sont calculés en fonction du volume d’eau utilisé.
  • La redevance de lutte contre la pollution par les Agences de l’Eau.
  • La redevance pour la modernisation des réseaux de collecte des eaux usées par les Agences de l’eau.
  • La taxe sur les voies navigables est uniquement perçue pour le compte de l’établissement public, Voies Navigables de France (VNF) dans les communes qui prélèvent et/ou rejettent leur eau dans des cours d’eau navigables.
  • La TVA : fixée à 5,5 % sur la partie « eau potable » et « fourniture d’eau ». Et à 7 % sur la partie « eaux usées » et « dépollution des eaux usées ».

Qu'est-ce que la tarification solidaire ?

« Chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous ».
Article 1 de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 (LEMA)

La fourniture, à titre gratuit, d’eau potable est interdite à la seule exception des bouches et poteaux d’incendie placés sur le domaine public.

Cependant, il est prévu de pouvoir moduler les tarifs du service public de l’eau selon les saisons « dans les communes où l’équilibre entre la ressource et la consommation d’eau est menacé« . C’est le cas, par exemple, dans les stations de sport d’hiver, les stations balnéaires qui connaissent un afflux saisonnier.

Les possibilités de tarification dégressive

Ces actes, consistant à diminuer la tarification de l’eau relativement à l’accroissement des quantités consommées, ont été strictement encadrées par la LEMA et sont soumises à autorisation préfectorale. II est interdit d’instaurer des tarifs dégressifs dans les zones recensées comme subissant des pressions importantes sur la ressource notamment dans les Zones de Répartition des Eaux (ZRE) où est constatée une insuffisance constante des ressources par rapport aux besoins.

La Loi Brottes – Article 28

Depuis le 15 avril 2013, cette loi, visant à préparer la transition énergétique, les expérimentations des collectivités locales en matière de tarification sociale et progressive de l’eau sont facilitées et dotées d’un cadre juridique. La tarification sociale est mise en place à titre expérimental durant 5 ans. Les collectivités territoriales qui souhaiteront participer à cette expérimentation de tarifs réduits pour une catégorie spécifique de consommateurs répondant à un critère social devaient se faire connaitre avant le 31/12/2014.

Participation à la solidarité nationale

Au-delà des obligations réglementaires, les exploitants des services de l’eau et de l’assainissement ont pour souci de garantir un service de l’eau équitable et pérenne. Aussi, en lien avec les services sociaux des collectivités et des conseils généraux, ils ont mis en place des financements d’actions de prévention pour sensibiliser les usagers à la maîtrise de leurs consommation, des mensualisations et échelonnements de paiement, des « chèques eau » distribués par les CCAS, des abandons de créance et des aides en lien avec les services sociaux. Ils contribuent également au Fonds de Solidarité Logement FSL) dans les départements qui ont choisis de le mettre en place. Enfin, pour tenir aussi compte des besoins sanitaires et de boisson des personnes sans domicile fixe, les opérateurs de l’eau soutiennent la mise à disposition de bornes fontaines.

Pourquoi existe t-il des variations de prix d'une commune à l'autre ?

Tout s’explique par les investissements effectués par la collectivité pour la qualité du service apporté à la clientèle. Mais aussi par les contraintes géographiques : la qualité et la quantité de ressources disponibles, tout comme l’éloignement du lieu de captage, qui génère une certaine longueur de canalisations et les conséquences, liées à la nature des sols, sur le vieillissement des canalisations, impactent les coûts de production et d’entretien.

Il faut aussi prendre en compte que, dans les zones rurales, l’habitat dispersé oblige à un réseau de distribution de grande longueur. Les coûts d’entretien par habitant des réseaux de distribution et de collecte sont donc plus importants qu’en ville. Dans les zones urbaines, l’eau n’est généralement pas puisée à proximité du lieu où elle va être consommée. Cela engendre donc des frais d’acheminement plus importants. De plus, l’eau des grandes agglomérations est souvent issue d’eaux de surface présentant une plus grande diversité de polluants qui oblige à des traitements multiples qui induisent un coût de traitements complémentaires et de production plus élevé.

Dernier point, la loi sur l’eau de 1992, a obligé les communes à mettre aux normes leurs stations d’épuration. De même, la législation impose des seuils de polluants à ne pas dépasser pour les eaux rejetées dans le milieu naturel. Ces mesures de protection des ressources en eau et de l’environnement nécessitent des investissements très lourds pour les collectivités locales. Une partie de ces charges est répercutée sur la facture de l’usager malgré les aides des départements, des agences de l’eau, des régions ou de l’Union Européenne.

Où peut-on obtenir des informations sur le prix des services de l'eau ?

  • En mairie : depuis la Loi Barnier de 1995, un rapport annuel sur le prix et la qualité des services de l’eau et de l’assainissement doit être présenté par les Maires, chaque année, au conseil municipal. Vous y trouverez des informations relatives à l’organisation des services d’eau, les projets de développement, le coûts des services, le prix de l’eau, les différents investissements à venir. De plus, la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 impose de joindre à ce rapport la note établie par l’agence de l’eau sur la répartition des redevances entre tous les usagers de l’eau et la redistribution qui en est faite sous forme d’aides et sur la réalisation de son programme d’intervention.
  • À l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement (SISPEA) : depuis 2009, on y rassemble des données pour permettre la comparaison entre les services d’eau des différentes communes.
  • En ligne : il ne faut pas hésiter à consulter le site des agences de l’eau ou le site du gestionnaire du service de l’eau de sa commune.

Envie d'en savoir encore plus ?

  • Accès à l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement (SISPEA)
    http://www.services.eaufrance.fr/vous-et-lobservatoire-national-des-services-publics-deau-et-dassainissement
    http://www.services.eaufrance.fr/observatoire