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L’eau de pluie est-elle potable ?

Les pratiques de récupération et d’utilisation de l’eau de pluie pour des usages domestiques sont en augmentation depuis plusieurs années dans le but de réaliser des économies d’eau ou de maitriser le ruissellement des eaux pluviales et par conséquence d’éviter des inondations.

Taux de TVA réduite et aides locales peuvent favoriser leur décision en ce sens.

Il convient de rester vigilant sur les usages que l’on fera de cette eau récupérée.
Lors du passage des eaux de pluie dans l’atmosphère, de leur ruissellement sur les toitures, dans le réservoir de stockage puis dans le réseau, on n’est pas à l’abri qu’elles se chargent en métaux, matières organiques, micropolluants organiques et micro-organismes.

S'il est recommandé d'utiliser un collecteur pour la récupération des eaux pluviales, ces dernières ne peuvent être utilisées pour être bues, servir à cuisiner, à se laver ou laver le linge puisqu’elles ne sont pas conformes aux réglementations sanitaires françaises, qui stipulent qu'une eau potable ne doit comporter aucun polluant microbiologique.

Qu'en disent les autorités compétentes ?

Le ministère de la Santé considère que l’eau de pluie n’est pas suffisamment qualitative pour être considérée comme potable. La Direction générale de la Santé, du ministère en charge de la santé publique, présente son expertise dans un communiqué formulé en 2008 : « l’eau de pluie présente une contamination microbiologique et chimique supérieure aux limites de qualité retenues pour l’eau potable distribuée par le réseau public ».

Un arrêté, entré en vigueur le 21 août 2008, autorise seulement l’utilisation de l’eau de pluie à l’extérieur de l’habitation et pour l’alimentation des chasses d’eau et le lavage des sols. L’utilisation de l’eau de pluie pour laver le linge est autorisée à titre expérimental, sous réserve de dispositifs de traitement adaptés. Il impose, en toute logique, de séparer les canalisations d’eau de pluie et d’eau de distribution pour éliminer tout risque de contamination de l’ensemble des usagers de l’eau du réseau public. Des étiquettes doivent être apposées sur les tuyaux conduisant l’eau de pluie. Cette information doit être comprise par les personnes malvoyantes ou ne sachant pas lire ou maîtrisant mal l’usage du français.

En février 2017, l’Agence nationale de Sécurité  Sanitaire (ANSES) fait quelques recommandations dans l’utilisation de l’eau de pluie pour le lavage du linge chez les particuliers. Étant donnée l’hétérogénéité des données disponibles, l’ANSES n’a pu proposer ni de limites de qualité pour l’eau d’alimentation des lave-linge, ni de traitement générique de l’eau de pluie pour cet usage. Elle recommande que l’eau de pluie ne soit pas utilisée pour le lavage du linge des populations les plus vulnérables : jeunes enfants qui mettent le linge à la bouche, personnes immunodéprimées, personnes en hospitalisation à domicile, personnes hospitalisées dont le linge est lavage à la maison et leur entourage, personnes vivant à côté de sites industriels ou agricoles où l’eau de pluie est susceptible de contenir davantage de contaminants chimiques. L’ANSES recommande également qu’un diagnostic de présence de réseau d’eau non potable soit ajouté avant la vente de tout bien immobilier.

Y a-t-il des alternatives ?

Il est toujours possible d’ajouter un dispositif de potabilisation à son système de récupération d’eau de pluie. Conformément à la loi, la qualité de l’eau devra ensuite être contrôlée par un laboratoire habilité par la DDASS.

Toutefois, cette solution reste coûteuse et nécessite un entretien très régulier. Qui plus est, elle n’est pas recommandée par le ministère de la Santé en raison de la composition très variable de l’eau de pluie selon la zone de captage. La filtration possède tout de même l’avantage de diminuer considérablement les risques d’infection.

Les analyses des experts ne laissent pas de place au doute : quel que soit le traitement utilisé, il est déconseillé d’utiliser l’eau de pluie pour la consommation humaine. La récupération devrait servir avant tout à des besoins en eau ne présentant aucun risque sanitaire, tels que nettoyer le sol, tirer la chasse d’eau ou arroser les plantes.

L’eau de pluie est-elle potable : la directrice du CIEAU répond