L'eau a-t-elle un prix ?

Par le Centre d'information sur l'eau, le mercredi 28 janvier 2015 12:04

Frédéric Tiberghien, maître des requêtes au Conseil d’État, est interviewé par le Centre d’information sur l’eau.

L’eau est un bien rare, son prix reflète ses coûts

Le Centre d’information sur l’eau : Bien que l’eau du robinet pèse peu en relatif dans le budget des ménages comparativement à d’autres services de base, le prix de l’eau soulève pourtant plus de débats. Quel est votre avis ?

Frédéric Tiberghien : Sur le prix de l’eau, je crois qu’il faut bien voir quelle est l’origine de la difficulté. Pendant très longtemps, le service d’eau a été gratuit. Donc il y a cette idée qui reste profondément ancrée dans l’opinion que l’eau est un don de la nature, et que par conséquent elle doit être gratuite. C’est seulement au cours des années 90, au plan international, notamment à l’occasion de la conférence de Dublin en 1992, que les Etats se sont rendus compte que l’eau était un produit qu’il fallait préserver, donc il fallait lui donner un prix : une valeur économique.

Cieau : La directive cadre sur l’eau de 2000 confirme cette idée que l’eau est un bien rare, précieux et qu’il faut donc que son prix reflète ses coûts.

FT : En France, ceci est une tradition, puisque depuis le XIXème siècle, on considère que l’eau est un service public industriel et commercial. Ce qui se traduit par un paiement par l’usager même si ce paiement peut être allégé par des transferts sociaux ou par des subventions dans certains cas. Mais néanmoins, la règle est que l’usager paye le prix de l’eau. C’est une culture encore assez récente au plan international, beaucoup jugeant que l’eau devrait être gratuite. Je crois que c’est aux opérateurs d’expliquer que ce service qui est rendu à l’usager a un coût, et il faut mettre en avant les coûts qui sont supportés par les opérateurs. Il faut de la transparence se traduise par une information des citoyens et des consommateurs sur le niveau du prix de l’eau.

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