Les usages de l’eau : les usages non domestiques

Par le Centre d'information sur l'eau, le lundi 30 septembre 2013 10:15

Les ressources en eau permettent de satisfaire tous les usages de l'eau...et ils sont nombreux ! En effet, l'usage de l'eau ne se limite pas à l'utilisation quotidienne que fait tout un chacun de l'eau potable (boisson, cuisine, hygiène, sanitaires, nettoyage)...

pomme-sur-miroir-gouttes-eau

L'eau est aussi au cœur de la plupart des activités humaines et économiques : agriculture, production industrielle, transport, nettoyage des cités, énergie...

L'eau et l'agriculture

eau-montagne-colline-france

L'agriculture est l'activité humaine qui utilise la plus grande quantité d'eau, que ce soit pour l'irrigation ou l'alimentation du bétail et le lavage des installations.

Avec une production agricole de 65 milliards d'euros en 2010, la France au premier rang, contribue à concurrence de 19% à la production de l'Union européenne, suivie par l'Allemagne (13%), l'Italie (12%) et l'Espagne (11%).

En 2010, les sols agricoles occupent près de 56% du territoire métropolitain.

En France, la part des productions végétales est de 59%, celle des productions animales de 26%.

- Les céréales et le vin représentent plus de la moitié de la production des végétaux.

- La France est l'un des principaux pays producteurs de viande de l'Europe (au premier rang pour la production bovine et de volailles).

L'irrigation un facteur de production pour l'agriculture

irrigation-automatique-champs

L'agriculture est la principale source d'utilisation d'eau, essentiellement à des fins d'irrigation. L'agriculture française prélève chaque année 3 143 millions de m3 d'eau, soit 9 % des prélèvements nationaux (48 % en part consommée).

Source : Agences de l'eau - SOeS, 2012.

Les prélèvements d'eau ont fortement progressé en 30 ans en raison du développement de l'irrigation et de l'évolution des pratiques agricoles. Entre 1970 et 2000, les surfaces irrigables (pouvant être irriguées) n'ont cessé d'augmenter, passant de 760 000 ha à 2,6 millions hectares de terres équipées pour l'irrigation.

Entre 2000 et 2010, la tendance s'inverse, la surface des terres irrigables diminue de 12% par rapport à 2000 et sa part dans la superficie agricole utilisée, c'est-à-dire la surface des terres dédiées à une activité agricole (SAU), baisse pour avoisiner les 9 %.

Cependant, la part des surfaces irriguées (dépendante en partie des variabilités climatiques) demeure stable entre 2000 et 2010. En 2010, en France métropolitaine, 74 000 exploitations ont irrigué 1,6 millions d'hectares de terres sur un total de 29,2 millions cultivés, soit 6% de la superficie agricole utilisée.

Comme en 2000, 1 agriculteur sur 6 a eu recours à l'irrigation en 2010.

Source : SSP – Agreste – Recensements agricoles de 1970 à 2010

L'irrigation concerne de nombreuses productions

L'irrigation permet la diversification des cultures : maraîchage, cultures légumières et fruitières, production de semences, grandes cultures.

feuilles-tournesol-jaune

Le maïs, demeure la principale culture irriguée en France représentant 41% des surfaces irriguées.

Le blé est la culture dont les surfaces irriguées ont le plus fortement augmenté entre 2000 et 2010 en passant de 30.000 à 200.000 ha (soit 13 % des surfaces irriguées)

Les surfaces irriguées de tournesol ont aussi progressé en passant de 11.000 ha en 2000 à 26.000 en 2010. Le tournesol est une culture résistante aux conditions sèches il est donc une alternative intéressante au maïs plus gourmand en eau (taux d'irrigation 4%°).

Les surfaces irriguées en pommes de terre et de betteraves industrielles progressent respectivement de 10 % et de 20 %.

Les cultures fruitières et légumières conservent pour leur part un taux d'irrigation relativement élevé (taux d'irrigation 60 %).

repartition-cultures-irriguees-france

Source : Agreste Enquête

Les surfaces irriguées en France

vue-aerienne-champs-france

Les volumes prélevés pour l'irrigation sont fonction de la nature des cultures, de l'importance des activités agricoles, du climat et aussi du mode d'irrigation.

Ainsi, de grands volumes sont mobilisés dans le sud de la France (les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon et la Corse prélèvent les plus forts volumes ramenés à l'hectare irrigué) plus au nord, les prélèvements sont également importants dans certaines régions de grandes cultures (Poitou-Charentes, Centre).

Dans le nord de la France, malgré une activité agricole assez forte, les précipitations en moyenne plus fortes qu'au sud rendent les besoins en eau moins importants.

Les prélèvements ne sont toutefois pas constants d'une année sur l'autre.

Les régions Centre, Aquitaine, Midi-Pyrénées sont les 3 régions françaises où les surfaces irriguées sont les plus importantes.

Près de 60 % des surfaces irriguées se concentrent en région, Aquitaine, en Midi-Pyrénées, dans le Centre, en Poitou-Charentes, en Pays de la Loire et dans le Centre (source : Recensement agricole 2010).

La Charente Maritime, le Gers, la Haute Garonne, les Landes, le Lot et Garonne et la Vendée ont plus de 40 000 hectares irrigués chacun pour la production de céréales, d'oléagineux et de protéagineux.

Les techniques d'irrigation évoluent pour une meilleure gestion de l'eau

irrigation-goutte-a-goutte-champs

La maîtrise de l'irrigation est un facteur qui permet de maintenir une production régulière, en quantité et en qualité des produits cultivés. L'insuffisance comme l'excès d'eau perturbent la plante. Il peut en résulter des attaques de parasites, des défauts d'aspect. Par exemple, pour les fruits, légumes ou fleurs, une insuffisance d'eau se traduit par une baisse de qualité, les rendant parfois impropres à la vente. L'absence d'irrigation remettrait en cause l'existence même de l'agriculteur.

Ainsi, selon la nature du sol, le type de cultures, la superficie de la parcelle et le rendement escompté, les besoins en eau sont différents, mais des techniques plus modernes d'irrigation permettent de limiter les pertes en eau et de réguler les apports.

- L'aspersion consiste à projeter l'eau en pluie sur la parcelle à irriguer. Cette méthode est très largement utilisée, par 80% des agriculteurs.

- L'irrigation au " goutte-à-goutte " ou micro-irrigation est la technique la plus moderne et la plus économe en eau. Elle consiste à effectuer des apports en eau localisés au niveau des racines. En 2010, un irrigant sur 4 en est équipé. Cette technique d'irrigation est utilisée en viticulture (les apports en eau doivent être précis et adaptés au style de vin produit), en culture fruitière, en maraîchage et en horticulture.

De l'eau pour les élevages

vache-boit-eau-france

Les activités d'élevage sont aussi fortement consommatrices d'eau, pour l'alimentation du bétail, le lavage des installations...

Les besoins quotidiens en eau du bétail varient selon les espèces animales. Le poids et le stade de croissance de l'animal influent beaucoup aussi sur les quantités d'eau que ce dernier boit.

Comme le lait contient plus de 85 % d'eau, il est important que les vaches laitières consomment suffisamment d'eau. Une vache laitière consomme en moyenne entre 65 et 90 litres par jour, soit 23 à 32 m3 d'eau par an et par animal (source agence de l'eau Adour Garonne).

L'éleveur met à disposition des animaux, au pré ou à l'étable, de l'eau potable. Un bovin adulte, par exemple, peut consommer jusqu'à plus de 100 litres d'eau par jour, suivant la nature de sa ration, la saison et le type de production (bovins laitiers, bovins de boucherie). La consommation d'eau moyenne des ovins (moutons, brebis...) est estimée entre 5 et 10 litres, moins d'½ litre pour les lapins et autres animaux de basse-cour.

L'eau dans l'industrie

industrie-eau-container

L'eau est au cœur de nombreux processus industriels. Elle peut participer au processus industriel proprement dit, être utilisée pour le lavage et l'évacuation des déchets, pour le refroidissement des installations ou pour faire fonctionner les chaudières. (Le refroidissement des installations représente l'essentielle de la consommation industrielle).

Les prélèvements pour l'industrie représentent 3,3 milliards de m3 d'eau (soit 10% des prélèvements), liés aux activités industrielles ils ont diminué de 20% depuis 1999.

(Sources : Agences de l'eau - SOeS 2012)

Cette diminution progressive et significative des prélèvements depuis 1997 s'explique principalement ; par le ralentissement de certaines activités industrielles, par l'amélioration de process plus économe et au recours à des systèmes de circuits fermés.

Le secteur de l'industrie présente des différences régionales assez marquées, reflétant l'implantation des activités industrielles. Les prélèvements pour l'industrie sont plus importants dans les régions de l'Est, du Nord, du Sud-Ouest et de la Vallée du Rhône.

75 % des prélèvements en eau de l'industrie manufacturière provient dans l'ordre : des industries chimiques, alimentaires, cartonnières et papetières (source : Agences de l'eau 2007).

Volume d'eau nécessaire (en litre) pour fabriquer un kilogramme des produits suivants :

  • 400 à 11 000 litres d'eau pour fabriquer 1kg de rayonne (viscose)
  • 300 à 600 litres d'eau pour 1kg d'acier
  • 500 litres d'eau pour 1kg de papier
  • 300 à 400 litres d'eau pour 1kg de sucre
  • 100 litres d'eau pour 1 litre d'alcool
  • 60 à 400 litres d'eau pour 1kg de carton
  • 35 litres d'eau pour 1kg de ciment
  • 1 à 35 litres d'eau pour 1kg de savon
  • 1 à 2 litres d'eau pour 1kg de matière plastique
Source : Dossier scientifique sur l'eau : usages - consommations industrielles, CNRS, 2000

Les impératifs de qualité de l'eau diffèrent en fonction des usages

Pour le refroidissement, le transport hydraulique ou le lavage, une eau peu traitée suffit en général, alors que de l'eau potable est indispensable à la production alimentaire.

Pour des utilisations spécifiques, en microélectronique, dans le domaine médical de la biotechnologie, une eau de très grande pureté est nécessaire.

L'eau pour l'énergie

reseau-electrique-poteau-antenne

En France, la production d'énergie électrique (essentiellement d'origine nucléaire) est de loin le secteur qui prélève les plus grandes quantités d'eau. En 2009, 64% des prélèvements (soit 21,5 milliards de m3 d'eau) dans les eaux de surface, ont servis au refroidissement des centrales thermiques classiques et nucléaires. Mais près de 90% des prélèvements pour la production d'électricité est restituée au milieu naturel, près du point de pompage.

Depuis le début des années 90, les prélèvements d'eau ont diminué avec le passage d'un grand nombre de centrales à circuit « ouvert », prélevant plus d'eau, à un circuit « fermé ».

La répartition géographique des prélèvements liés à la production d'énergie suit celle des centrales thermiques (Ile de France, Pays de la Loire, Lorraine, Languedoc-Roussillon) et des centrales nucléaires (Rhône-Alpes, Aquitaine, Centre, Pays de la Loire, Alsace).

Le besoin des centrales thermiques est de 10 m3 par seconde et celui des centrales nucléaires est compris entre 40 et 50 m3 par seconde.

La production d'énergie a des implications sur la gestion de la ressource, car la très grande majorité de l'eau prélevée, n'est pas consommée mais, rejetée dans les milieux naturels après usage. Ces prélèvements peuvent présenter des impacts sur le régime des eaux et la température des milieux aquatiques. En effet, les rejets d'eau des centrales thermiques dans le milieu naturel sont plus chauds que sur le lieu de leur captage, particulièrement en été quand les niveaux d'eau sont faibles et la température déjà naturellement élevée.

Le réchauffement d'un cours d'eau utilisé par une centrale électrique en circuit ouvert est limité à une dizaine de degrés. C'est en été quand les niveaux d'eau sont plus faibles

et les températures ambiantes naturellement élevées, que la gestion de ces contraintes thermiques impose parfois des réductions de puissance, ou nécessite des dérogations exceptionnelles de dépassement des maxima légaux, de 1 à 3 °C, entre l'amont et l'aval de la centrale.

L'eau source d'énergie

centrale-hydroelectrique-gros-plan

 L'hydroélectricité récupère la force motrice des cours d'eau, des chutes, des marées (énergie marémotrice), des courants marins et des vagues (énergie hydrolienne) pour la transformer en électricité.

Deuxième forme de production derrière l'énergie nucléaire, l'hydroélectricité représente 13 % de la production électrique Française.

Il existe plus de 1 800 installations hydrauliques (barrages) en France. Le principe est simple : la puissance d'une chute d'eau canalisée est utilisée pour faire tourner des turbines couplées à des alternateurs. Cette puissance dépend de l'énergie potentielle de l'eau et de son débit.

Du point de vue des énergies renouvelables, l'hydroélectricité est de loin la première source renouvelable d'électricité dans le monde.

Les messages agressifs ou diffamatoires, les insultes et critiques personnelles, les grossièretés et vulgarités, les propos choquants, racistes, homophobes ou impolis et plus généralement tout message contrevenant aux lois françaises en vigueur sont interdits.

Nous nous réservons la possibilité d’informer votre fournisseur d’accès et/ou les autorités judiciaires de tout comportement malveillant. L’adresse IP de chaque intervenant (collèges inclus) est enregistrée afin d’aider à faire respecter ces conditions.