L'eau virtuelle - l'empreinte eau

Par le Centre d'information sur l'eau, le lundi 7 octobre 2013 15:11

L'eau virtuelle

Au-delà de la consommation directe d'eau, pour un usage domestique ou agricole, le cœur de la problématique tourne autour du concept d'eau virtuelle qui est de plus en plus utilisé comme mesure des enjeux liés à l'eau, au commerce de l'eau et à son utilisation dans le monde.

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Ce concept fut inventé par le professeur John Anthony Allan du King's College de Londres au début des années 1990. À l'époque où il analysait les relations internationales au Moyen-Orient, il conclut qu'importer la ressource « eau » sous forme de produits pourrait éviter une « guerre de l'eau » dans la région. Son analyse revient à déplacer le besoin en eau d'un pays consommateur et en stress hydrique vers un pays producteur possédant un surplus d'or bleu.

On appelle « eau virtuelle » l'eau utilisée pour produire des biens exportables dans un endroit et consommée « virtuellement » dans un autre espace. Environ un cinquième de l'eau consommée dans le monde est ainsi de l'eau virtuelle, échangée entre les pays sous forme de produits agricoles ou industriels.

Depuis lors, on a cherché à calculer la teneur en eau virtuelle de chaque produit agricole et industriel. Ainsi, nos échanges économiques ont ils été quantifiés en volume d'eau au niveau global où pays riches et pauvres en eau, s'échangent la ressource « virtuellement ». De ce fait, les grands pays exportateurs de produits agricoles comme le Canada, les Etats-Unis, l'Australie, le Brésil et la France deviennent exportateurs d'eau virtuelle. A l'opposé, les principaux importateurs en eau virtuelle, sont les Etats du Proche et du Moyen Orient et la Chine déficitaire en produits agricoles.

L'empreinte eau

Depuis que les problématiques environnementales occupent une place grandissante dans notre société, l'utilisation d'outils examinant l'impact de nos habitudes consommatrices sur l'environnement dans un schéma économique, ne cesse de s'affiner pour mesurer les impacts de nos activités humaines.

L'empreinte écologique, le bilan carbone... en sont des exemples. L'empreinte de l'eau a donc suivi le concept de l'eau virtuelle.

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« L'empreinte eau »* est un indicateur de l'usage direct ou indirect de l'eau par le producteur ou le consommateur, mise au point pour l'UNESCO par le professeur Arjen Y. Hoekstra en 2002.

Il se calcule soit du point de vue d'un producteur (empreinte eau de production), soit du point de vue du consommateur (c'est l'empreinte eau de consommation).

L'empreinte sur l'eau d'un Etat* est égale au volume d'eau douce nécessaire pour la production d'un bien ou d'un service consommé par ses habitants. Un individu ou un pays qui consomme plus d'eau virtuelle que ce dont il dispose doit donc en importer pour combler ses besoins.

A l'échelle mondiale, l'empreinte eau de consommation d'un humain s'éleve à 1 243 m3 d'eau par personne et par an (7 452 milliards de m3/an)

1 875 m3 / personne/an en France (110 milliards de m3/an)

2 483 m3 / personne/an aux Etats-Unis (696 milliards de m3/an)

702 m3 / personne / an en Chine (883 milliards de m3/an)

L'empreinte eau d'un produit (bien ou service) est égale au volume total d'eau douce utilisé directement ou indirectement pour produire le produit (alimentaire ou industriel), dans toutes les phases de sa fabrication, de sa transformation. Ainsi cette mesure pertinente permet d'évaluer l'impact de produits qui nécessite une forte utilisation d'eau dans leur fabrication.

*Données : Water Footprint Network (Water Resour Manage 2007)

Par exemple, 140 litres d'eau sont nécessaires pour cultiver, récolter, torréfier, transformer, emballer et transporter les grains de café pour une tasse de café de 125 ml.

Autres exemples : 1 œuf nécessite 135 litres d'eau - 1 hamburger, 2 400 litres d'eau - 1 tee-shirt en coton, 2 000 litres d'eau – 1 paire de chaussures en cuir, 8 000 litres d'eau.

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