L'assainissement non collectif (ANC)

Par le Centre d'information sur l'eau, le mardi 6 août 2013 09:59

12 millions de Français (ce qui représente 5 millions de logements) sont en dehors d'une zone de raccordement à un système d'assainissement collectif. C'est le cas de 30 % de la population rurale. On estime généralement que dans l'avenir 10 % des Français resteront concernés par l'assainissement autonome ou assainissement non collectif ANC) du fait de leur lieu d'habitation.

assainissement

Chantier d'assainissement, pose d'une fosse toutes-eaux chez un particulier
© Laurent Mignaux/METL-MEDDE

Pourquoi l'assainissement non collectif ?

Le Code de la santé publique précise que « les immeubles non raccordés au réseau public de collecte des eaux usées sont équipées d'une installation d'assainissement non collectif dont le propriétaire fait régulièrement assurer l'entretien et la vidange par une personne agréée par le représentant de l'Etat dans le département afin d'en garantir le bon fonctionnement » (art. L 1331-1-1). Le recours à un système d'assainissement autonome peut avoir plusieurs causes :

• L'absence d'un système collectif
• Les obstacles techniques qui peuvent empêcher la création d'un réseau ou le raccordement d'un bâtiment
• Le coût trop élevé des équipements, du fonctionnement et de l'entretien d'un système collectif dans les zones où l'habitat est dispersé.

C'est pour prendre en compte ces aspects que la loi sur l'eau de 1992 a expressément intégré l'assainissement non collectif dans la politique française de dépollution des eaux usées.

Le zonage

Chaque commune doit déterminer sur son territoire les zones relevant de l'assainissement collectif et celles qui relèvent de l'assainissement autonome. Les communes délimitent après enquête publique les zones d'assainissement collectif, où elles sont tenues d'assurer la collecte des eaux usées domestiques et le stockage, l'épuration et le rejet ou la réutilisation de l'ensemble des eau collectées ; les zones relevant de l'assainissement non collectif, où elles sont tenues, afin de protéger la salubrité publique, d'assurer le contrôle es dispositifs d'assainissement, si elles e décident, leur entretien (art. L 2224-10 du code général des collectivités territoriales).

Le système d'assainissement non collectif

L'assainissement non collectif peut concerner une habitation individuelle, un immeuble ou un ensemble d'habitations. Il recueille les eaux usées provenant des cuisines, buanderies, lavabos, salles de bains, toilettes et installations similaires. Il ne doit en aucun cas recevoir les eaux de pluie ou de ruissellement (arrosage ou lavage des voies publiques ou privées, des jardins, des cours d'immeubles...). Le système comprend en général :

• Un dispositif de collecte des eaux usées
• Une fosse toutes eaux, qui assure un prétraitement anaérobie
• Un dispositif d'épuration par un système d'épandage
• Un système de rejet : dispersion dans le sol, rejet superficiel ou souterrain

Les obligations du propriétaire d'une installation d'assainissement non collectif

La qualité de leur conception, leur dimensionnement et leur entretien conditionnent leur efficacité pour la protection du milieu naturel.

Afin d'en garantir le bon fonctionnement, le propriétaire doit faire assurer régulièrement l'entretien et la vidange de son installation d'assainissement non collectif par une entreprise agréée qui doit délivrer une attestation de vidange ou d'intervention sur les équipements électromécaniques.

L'attestation doit comporter les éléments suivants :

- nom de l'occupant ou du propriétaire,

- adresse du bâtiment où a lieu l'intervention,

- références de l'entreprise

- date et nature de l'intervention,

- pour les opérations de vidange, caractéristiques, nature et quantité des matières éliminées et lieu où les matières vidangées sont transportées en vue de leur élimination.

En cas de raccordement du bâtiment au réseau public d'assainissement, ou du remplacement d'une installation d'ANC, les ouvrages abandonnés doivent être mis hors d'état de servir ou de créer des nuisances, par les soins et aux frais du propriétaire.

Les obligations de l'occupant du bâtiment

Afin de respecter l'environnement et préserver les installations, l'occupant ne doit pas déverser dans les conduites intérieures des :

- gaz inflammables ou toxiques,

- ordures ménagères même broyées

- huiles alimentaires ou pour moteurs

- hydrocarbures

- acides, cyanures, sulfures et produits radioactifs,

- médicaments,

- eaux de pompes à chaleur

Des poursuites peuvent être engagées par la collectivité ou l'exploitant du Service Public d'Assainissement Non Collectif (SPANC).

Le Service Public de l'Assainissement Non Collectif (SPANC)

Le Service Public de l'Assainissement Non Collectif (SPANC) a pour mission de s'assurer que les installations d'asainissement non collectif sont conçues, implantées et entretenues de manière à ne pas présenter de risques sanitaires et environnementaux ou de nuisances pour les bénéficiaires et leur voisinage.

Ces missions sont exécutées par l'exploitant du service, désigné par la collectivité, par le biais de conseils et de préconisations ainsi que de contrôles des installations privées.

Deux types de contrôle permettent d'évaluer la conformité de l'installation au regard de prescriptions réglementaires :

- le contrôle de conception et d'exécution : il concerne les installations neuves ou à réhabiliter, qu'il y ait ou non un dépôt de permis de construire. Le contrôle consiste en un examen préalable de la conception et en une vérification de l'exécution des travaux.

- le contrôle de fonctionnement et d'entretien : il concerne toutes les installations. Le contrôle consiste en une vérification initiale du fonctionnement et de l'entretien puis en une vérification périodique. Le dossier de conception et d'installation et les attestations d'entretien et de vidange peuvent être réclamés par le SPANC. Des prélèvements de contrôle de la qualité des eaux usées traitées peuvent être réalisés.

En cas de non-conformité de l'installation à la réglementation en vigueur, elle est notifiée à l'issue de la visite de contrôle. Lorsque des risques sanitaires et environnementaux sont constatés, le propriétaire est alors tenu de remédier aux défauts mis en évidence lors du contrôle et indiqués dans un rapport de visite, dans un délai fixé dans la notification.

En cas de vente du bâtiment raccordé à l'installation d'assainissement non collectif, le vendeur doit produire, dans le cadre du diagnostic technique annexé à la promesse de vente, un rapport de visite de contrôle de l'installation daté de moins de 3 ans. En cas d'absence de contrôle, ou s'il est daté de plus de 3 ans, sa réalisation est à la charge du vendeur. En cas de non-conformité lors de la signature de l'acte de vente, l'acquéreur doit effectuer les travaux de mise en conformité des installations d'assainissement non collectif dans l'année qui suit l'acquisition.

Les propriétaires, les locataires et les syndicats de copropriétaires peuvent solliciter l'exploitant du service pour toutes nes questions concernant les projets de création, de modification ou de réhabilitation des installations d'assainissement non collectif, les conditions de fonctionnement de ces installations ou les prescriptions applicables en matière d'utilisation et d'entretien des installations.

Un Règlement du Service Public de l'Assainissement Non Collectif est remis au client. Ce document stipule les engagements de l'exploitant du service et les obligations du client.

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