Les ressources en eau dans le Monde

Par le Centre d'information sur l'eau, le mercredi 7 août 2013 09:50

Au cours des siècles passés, les utilisations humaines de l'eau n'ont eu aucune incidence sur la disponibilité en eau. Mais, avec le monde moderne, les aménagements et la maîtrise de l'eau de la nature par les Hommes ont transformé le régime des eaux et perturber leurs fonctions naturelles.

goutte-eau-terre-monde

1 400 millions de km3... mais beaucoup moins d'eau douce.

L'eau recouvre 72 % de la surface du globe.

Son volume total est estimé à 1 400 millions de milliards de m3, ce qui représente un cube de plus de 1000 km de côté. Ce volume d'eau est stable. En 4,6 milliards d'années, il a été estimé que la quantité d'eau perdue (par dissociation de la molécule d'eau sous l'action du soleil qui libère e l'hydrogène) correspond à une hauteur de 3 m sur la totalité de la surface de la Terre (source : BRGM - 2011).

 Si la Terre est bien la planète de l'eau, c'est avant tout la planète de l'eau... salée dans les mers intérieures et les océans, mais aussi dans certaines nappes souterraines, soit 97,2 % du volume. Il ne reste donc plus que 2,8 % pour l'ensemble des eaux douces. Dans ce faible pourcentage, les glaces et les neiges permanentes représentent 2,1 % et l'eau douce disponible 0,7 %.

Bien entendu, la répartition géographique réelle de l'eau sur la Terre montre une réalité bien éloignée de ces moyennes, avec une surface océanique nettement plus importante au Sud qu'au Nord. Une calotte épaisse de glace couvre tout le continent antartique, alors qu'au Nord, il n'y a, en plus de la calotte du Groenland, que la glace qui flotte sur l'océan Arctique. Ces contrastes dans la répartition de l'eau liquide et solide renforcent les disparités dans la répartition de l'eau atmosphérique. Il existe en effet de grandes différences régionales du Nord au Sud liées aux variations de rayonnement solaire, qui ont une incidence entre les pôles et l'Equateur, et d'Est en Ouest selon les circulations atmosphériques et les barrières de reliefs. L'essentiel de l'eau atmosphérique se trouve dans la basse atmosphère, particulièrement le long des Tropiques, zones d'intense évaporation des eaux chaudes de la surface océanique.

Au final, l'homme ne peut utiliser que moins d'1 % du volume total d'eau douce présent sur Terre, soit environ 0,028 % de l'hydrosphère. Ceci englobe les cours d'eau, les réservoirs naturels ou artificiels (lacs, barrages...) et les nappes souterraines dont la faible profondeur permet l'exploitation à des coûts abordables.

On évalue à 40 000 millions de km3/an, les ressources mondiales en eau continentale constituant la seule source d'eau douce renouvelable (pluie - évapotranspiration - évaporation) (source : ministère de l'écologie 2002). Ce qui équivaut à 5 700 m3 par habitant et par an.


D'où vient l'eau ? par mycieau

 D'où vient l'eau ? - Ghislain de Marsily

Une répartition inégale des ressources

repartition ressources

Les précipitations et les écoulements terrestres

Les ressources de chaque pays dépendent du climat. Les niveaux de précipitations, extrêmement variables dans le monde, vont de moins de 10 000 m³ à 10 000 000 m³ par km². Cette variabilité se répercute sur les flux d'écoulement annuels moyens qui vont de quelques milliers à plusieurs millions de m³ par km² et par an. Bien entendu, précipitations et écoulements, au delà des variations géographiques, sont soumis à des évolutions plus ou moins marquées dans le temps et de manière générale, un afflux relativement constant sera plus facile à gérer que de fortes variations saisonnières.

Les pays riches et les pays pauvres en eau

Les cycles climatiques passés et actuels ont façonné la géographie des ressources en eau. Celles-ci sont inégalement réparties entre les pays. Un tiers de la population mondiale est privé d'eau potable. 1,1 milliard de personnes réparties dans 80 pays, n'ont pas accès à une eau salubre, voyant leur développement entravé par ce problème. (Source : Banque Mondiale). Dans certains pays, moins de 40 % de la population a accès à l'eau potable. C'est le cas du Cambodge, du Tchad, de l'Ethiopie, de la Mauritanie, de l'Afghanistan et d'Oman.

Neuf pays "géants" de l'eau se partagent près de 60 % des ressources naturelles renouvelables d'eau douce du monde. Leurs richesses se calculent en milliers de milliards de m3 par an ou km3 par an. Il s'agit du Brésil, de la Fédération Russe, de l'Indonésie, de la Chine, du Canada, des Etats-Unis, de la Colombie, du Pérou et de l'Inde.

A l'autre extrémité, un certain nombre de pays disposent de ressources extrêmement faibles, voire quasi nulles dont le niveau ne s'exprime qu'en millions de m³ : Koweït, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Malte, Libye, Singapour, Jordanie, Israël, Chypre.

Quelques indicateurs

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère qu'il y a stress hydrique lorsqu'un être humain dispose de moins de 1 700 m3 d'eau par an et pénurie lorsqu'il dispose de moins de 1000 m3 par an.1,4 milliards de personnes vivent avec moins de 1000 m3 d'eau par an (source BRGM - 2011).

La situation d'un pays au regard des ressources en eau peut être évaluée par l'indice d'exploitation, le volume par habitant et le degré d'indépendance.
L'indice d'exploitation est la part de l'eau prélevée pour l'ensemble des besoins d'un pays, par rapport au volume annuel moyen des apports naturels. Il peut aller de 1 % au Venezuela à plus de 100 % en Arabie Saoudite et en Libye. La France, avec 20 %, se situe dans la moyenne des pays industrialisés. Le volume des ressources naturelles va de moins de 500 m³/habitant/an (Malte, Israël...) à plus de 80 000 m³/habitant/an (Norvège, Gabon, Canada...). La France, comme l'Allemagne, la Chine, la Turquie ou le Mexique, est considérée comme bien pourvue puisqu'elle se situe dans la fourchette de 2000 à 5000 m³/habitant/an.

L'Egypte, les Pays-Bas ou l'Irak, par exemple, dépendent fortement des ressources en eau d'origine externe, respectivement 99 %, 89 % et 65 %.

Disponibilité en eau douce et stress hydrique

0221-waterstress-FR

Cliquez pour agrandir - Source : FAO, Nation unies, World Resources Institute (WRI) Copyright © 2008, United Nations Environment Programme &Philippe Rekacewicz (Le Monde diplomatique)

En 2007, plusieurs régions affichaient leur vulnérabilité, souffraient de stress hydrique, voire étaient déjà en situation de pénurie (Afrique saharienne, Afrique Australe, Moyen Orient, Asie centrale, au centre de l'Inde...

On parle de stress hydrique dès le moment où l'eau disponible et accessible ne suffit plus à couvrir les besoins des utilisateurs.

Les perspectives

onu

Depuis quelques années, des organisations onusiennes ont entrepris la réalisation d'une Vision Mondiale à long terme pour l'Eau, la Vie et l'Environnement. Cette vision doit entraîner la prise de conscience de l'importance d'une gestion durable de l'eau. En effet, en 2025, 63 % de la population mondiale devrait subir stress hydrique ou pénurie d'eau (source BRGM - 2011)

En 1950, la ressource mondiale en eau était estimée à 17 000 m3 par personne et par an. Du fait de la forte croissance démographique couplée à l’industrialisation, l’urbanisation et l’intensification agricole, la ressource en eau renouvelable et disponible n’était plus que de 7 500 m3 par personne et par an en 1995. Elle devrait chuter à moins de 5 100 m3 en 2025 (source : Eurostat 2002). Dans les pays de l'Union Européenne, les ressources moyennes en eau s'établissent à 7000 m3 par personne et par an (source : Eurostat 2002).

A l'échelle de la planète, les prélèvements d'eau ont été multipliés par plus de 7 entre 1900 et 1995. En rapportant l'ensemble des besoins actuels en eau de l'humanité à la population totale, on estime à 500 m3 les besoins annuels moyens en eau, par habitant, tous usages confondus.

La population mondiale était de 1,7 milliard d’individus en 1900, pour atteindre 7 milliards en 2011. Au rythme actuel, elle devrait dépasser les 9 milliards en 2025 et pourrait doubler d'ici la fin du XXIème siècle. Les répercussions sur les besoins en eau sont multiples : plus d'hommes signifie plus de personnes à désaltérer, plus d'activités humaines consommant de l'eau et plus de bouches à nourrir.

Les prélèvements d'eau destinés à l'irrigation ont progressé de plus de 60 % depuis 1960 et représentent, au niveau mondial, 70 % du total des prélèvements. Au cours du XXème siècle la surface mondiale des terres irriguées a été multipliée par cinq. Ce développement de l'irrigation, qui contribue à 40 % de la production alimentaire mondiale (pour seulement 18 % des terres cultivées) est directement lié à la croissance démographique. D'autant qu'elle concerne surtout les zones arides ou semi-arides où les ressources en eau sont, par définition, limitées et où la croissance démographique est particulièrement forte. Plus des deux tiers des terres irriguées se trouvent en Asie dans les zones à forte densité de population, où la forte croissance démographique a justifié une intensification de la riziculture. L’eau prélevée pour l'irrigation est en grande partie consommée (une partie humidifie les sols et est absorbée par les plantes mais la plus grande part s'évapore) et ne peut servir à d'autres usages. Trop de systèmes d'irrigation ont encore, dans le monde, des rendements extrêmement faibles (trop d'eau qui s'évapore sans nourrir les sols ou les cultures).

D'autres facteurs influent sur les consommations d'eau, tels que l'urbanisation et le niveau de développement des pays. En 1950, on comptait à travers le monde trois mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants, en 2000 on en recensait 21 et en 2025, elles sont estimées à 50.

L'eau, enjeu de développement durable

goutte-icone

Depuis trois décennies, un nouveau concept régit les questions environnementales : "le développement durable". Il se propose de mettre en cohérence les aspects sociaux, environnementaux, économiques et culturels pour créer un modèle de développement régulant les inégalités. Cette nouvelle approche est étroitement liée à des enjeux de société dont l'environnement et la gestion de l'eau font partie.

L'eau douce disponible (O,26 % du globe), seule ressource utilisable, est en quantité invariable alors que la population ne cesse d'augmenter et que la demande en eau est en pleine progression.

L'eau est inégalement répartie et la consommation varie selon les pays : 250 litres par jour et par habitant en Amérique du Nord, 100 à 230 litres en Europe, 150 litres pour un Français et moins de 10 litres en Afrique Subsaharienne.

Au cours du 21ème siècle, l'eau et les ressources en eau se dégraderont. Il y aura de moins en moins d'eu utilisable sans traitement par l'homme.

Il faut noter que dans les pays défavorisés, les problèmes d'accès à l'eau ne sont pas toujours liés à l'absence de ressources en eau mais à un manque de moyens financiers ou/et une absence d'organisation pour rendre potable, stocker et distribuer l'eau aux populations.

Disponibilité en eau douce par bassin : 1995 et 2025

0220-basins19952025-FR

Cliquez pour agrandir - Copyright © 2008, United Nations Environment Programme &Philippe Rekacewicz (Le Monde diplomatique)

Les messages agressifs ou diffamatoires, les insultes et critiques personnelles, les grossièretés et vulgarités, les propos choquants, racistes, homophobes ou impolis et plus généralement tout message contrevenant aux lois françaises en vigueur sont interdits.

Nous nous réservons la possibilité d’informer votre fournisseur d’accès et/ou les autorités judiciaires de tout comportement malveillant. L’adresse IP de chaque intervenant (collèges inclus) est enregistrée afin d’aider à faire respecter ces conditions.