Verre d'eau du robinet

L’eau potable : sa définition, ses origines, ses critères de potabilité et ses traitements

La définition de l'eau potable
L’eau pure n’existe pas à l’état naturel. Dans son parcours jusqu’à nos robinets, elle se charge d’éléments à la fois indispensables à notre santé mais peut également rencontrer des substances potentiellement toxiques pour l’organisme. C’est pourquoi l’eau doit subir plusieurs traitements avant d’être considérée comme potable. Elle doit ainsi répondre à de nombreux critères pour permettre à chacun de boire une eau sans aucun risque pour la santé. Mais d’où vient l’eau potable et comment arrive-t-elle jusqu’à nos robinets ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Qu’est-ce que l’eau potable ?

L’eau potable est une eau que l’on peut boire ou utiliser à des fins domestiques et industrielles sans risque pour la santé. Elle peut être distribuée sous forme d’eau en bouteille (eau minérale ou eau de source, eau plate ou eau gazeuse), d’eau courante (eau du robinet) ou encore dans des citernes pour un usage industriel.

Eau du robinet : D’où vient-elle ? Et comment arrive-t-elle jusqu’à nos robinets ?

62 % de l’eau du robinet provient des eaux souterraines (nappes superficielles et profondes), les 38 % restants proviennent des eaux superficielles (torrents, rivières, lacs).
L’eau est prélevée par captage dans un forage ou un puit. Le sol servant de filtre naturel permet d’assurer une bonne qualité de l’eau.

Mais un traitement s’impose pour offrir une eau potable, totalement débarrassée de ses impuretés.
Elle transite dans une usine de traitement pour la décontaminer puis elle rejoint des réservoirs de stockage ou des châteaux d’eau, à l’aide de canalisations souterraines.

Des pompes permettent de stocker l’eau en hauteur afin de la distribuer dans les habitations.
L’eau est alors utilisée pour la consommation humaine. Puis, après utilisation, les eaux usées sont acheminées vers une station d’épuration en charge de son nettoyage.

L’eau nettoyée est ensuite rejetée à la nature, avant de recommencer son cycle domestique : puisage, traitement, distribution et dépollution, puis retour de l’eau dans la nature.

Quelle est sa composition ?

A la différence de l’eau de source qui est généralement potable au moment de son puisage, la plupart des eaux que nous consommons contiennent à l’état brut, des substances minérales et organiques dont certaines peuvent être nocives pour la santé.
Ces substances proviennent d’une part, des roches et des couches sédimentaires, et d’autre part, des rejets provoqués par les activités humaines ou encore la décomposition de la biomasse.

Pour être considérée comme potable, l’eau doit être exempte de toute substance jugée nocive pour la santé :

  • Les germes pathogènes, comme les bactéries et les virus
  • Les micro-organismes parasites
  • Les substances chimiques indésirables, comme les nitrates, les phosphates, les métaux lourds, les hydrocarbures et les pesticides

A l’inverse, certaines substances jugées nécessaires pour l’organisme et naturellement contenues dans l’eau doivent être conservées dans l’eau que nous buvons :

  • Des sels minéraux, comme le calcium, le magnésium, le potassium, le chlore…
  • Des oligo-éléments, comme le fluor, le cuivre, le fer, le silicium, le manganèse, le zinc…

Quelles sont les critères de potabilité de l’eau ?

Pour pouvoir être consommée en toute sécurité, l’eau doit répondre à des critères de potabilité très strictes dictés par le Ministère de la Santé et le Conseil Supérieur du secteur d’Hygiène Publique. Ces normes varient en fonction de la législation en vigueur et selon qu’il s’agit d’une eau destinée à la consommation humaine ou d’une eau industrielle.

A ce jour, il existe 63 critères de potabilité de l’eau, que l’on peut regrouper en 5 grands paramètres :

  • Les paramètres physico-chimiques : ils correspondent aux caractéristiques de l’eau tels que le pH, la température, la conductivité ou la dureté de l’eau et délimitent les quantités maximales à ne pas dépasser pour certains composants comme les ions, les chlorures, le potassium et les sulfates.
    Exemples :

    • La teneur en sulfate doit être inférieure à 250 mg/l
    • La teneur en chlorures doit être inférieure à 200 mg/l
    • La teneur en potassium doit être inférieure à 12 mg/l
    • Le pH de l’eau doit être compris entre 6,5 et 9
    • Le TH soit la dureté de l’eau, qui correspond à la mesure de la teneur d’une eau en ions calcium et magnésium, doit être supérieur à 15 degrés français. Autrement dit, une eau ne doit pas posséder moins de 60 mg/l de calcium ou 36 mg/l de magnésium, sinon elle sera jugée trop douce : pour ne pas corroder les canalisations, elle devra faire l’objet de minéralisation et/ou de neutralisation pour retrouver un équilibre calco-carbonique.
  • Les paramètres organoleptiques : ils concernent la couleur, le goût et l’odeur de l’eau. L’eau doit être agréable à boire, claire et sans odeur. Ces paramètres étant liés au confort de consommation, ils n’ont pas de valeur sanitaire directe.
  • Les paramètres microbiologiques : ils permettent de contrôler que l’eau ne contient aucun germe pathogène, comme les virus, les bactéries ou les parasites, pouvant provoquer des maladies, voire de épidémies.
  • Les paramètres liés aux substances indésirables : ils concernent les substances telles que les nitrates, les nitrites et les pesticides.
    • La teneur en nitrates ne doit pas dépasser 50 mg/l
    • La teneur en fluor doit être inférieure à 1.5 mg/l
  • Les paramètres liés aux substances toxiques : les micropolluants tels que l’arsenic, le cyanure, le chrome, le nickel, le sélénium ainsi que certains hydrocarbures sont soumis à des normes très sévères à cause de leur toxicité. Leur teneur tolérée est de l’ordre du millionième du gramme.

Comment l’eau est-elle traitée avant d’arriver jusqu’à nos robinets ?

Comme nous l’avons vu plus, l’eau puisée à l’état naturel doit subir plusieurs traitements avant d’être acheminée dans les circuits de distribution pour arriver enfin jusqu’à nos robinets.

Les traitements dépendent de la qualité de l’eau puisée. C’est pourquoi, elle est systématiquement contrôlée au moment de son captage de manière à lui appliquer le traitement de potabilisation adapté.

Voici les différentes étapes de potabilisation de l’eau :

  • Le captage : l’eau est prélevée par captage dans un forage ou un puit. Le sol servant de filtre naturel permet d’assurer une bonne qualité de l’eau. Mais un traitement s’impose pour offrir une eau potable, totalement débarrassée de ses impuretés. Pour ce faire, l’eau est conduite dans une usine de production.
  • Le dégrillage : à son entrée dans l’usine, l’eau transite par des grillages (dont les interstices mesurent environ 5 cm) qui la débarrassent des plus gros déchets (cailloux, plastiques, branches, feuilles…).
  • Le tamisage : l’eau passe ensuite par un tamis avec des grilles nettement serrées, permettant de retenir les petits déchets (petits cailloux, mégots de cigarettes, brindilles…).
  • La floculation-coagulation (ou décantation) : cette étape consiste à verser un produit coagulant dans l’eau afin que les impuretés se regroupent en grappes puis coulent au fond du bassin de décantation. L’eau est alors plus claire.
  • La filtration sur sable : l’eau passe à travers un filtre composé d’une épaisse couche de sable qui intercepte les dernières petites particules visibles.
  • L’ozonation : les impuretés invisibles sont quant à elles éliminées par un gaz, l’ozone. En oxydant toutes les substances organiques, l’ozone inactive les pesticides et les micro-organismes pathogènes.
  • La filtration : l’eau ainsi clarifiée passe à travers un filtre composé de grains de charbon actif. Ces grains contiennent des bactéries qui éliminent les composants toxiques par absorption.
  • La chloration : l’eau de distribution est désinfectée par du chlore afin de garantir sa qualité durant son parcours dans les canalisations de l’usine jusqu’aux consommateurs. En France, la quantité de chlore utilisée pour la désinfection n’est pas fixée par une norme européenne, le critère à respecter est défini par « l’absence d’odeur ou de saveur anormale et pas de changement anormal ».
  • Le contrôle qualité et le contrôle sanitaire : au terme de toutes ces étapes, l’eau traitée est contrôlée par le Service des eaux suivant des normes de qualité et de sécurité sanitaire pour la consommation humaine.