Où en sont les ressources en eau dans le Monde ?

Où en sont les ressources en eau dans le Monde ?

Résumé détaillé de la situation hydrique mondiale
L'eau recouvre 72% de la surface du globe pour un volume total estimé à 1 400 millions de Km3. Au cours des siècles passés, l'homme n'a pas endommagé la disponibilité en l'eau. Mais, le monde moderne, les aménagements et la maîtrise de l'eau disponible dans la nature ont transformé le régime des eaux et perturber leurs fonctions naturelles. Où en sommes-nous à date ? Faisons ici le point.

Un volume d'eau stable mais bien moins d'eau douce

En 4,6 milliards d’années, il a été estimé que la quantité d’eau perdue correspond à une hauteur de 3 m sur la totalité de la surface de la Terre*. On peut en déduire une bonne constance des volumes. Pour en savoir plus sur la nature de ces eaux, il faut s’intéresser aux mers intérieures, aux océans, mais aussi à certaines nappes souterraines qui représentent 97,2 % du volume. Notre planète bleue est ainsi, avant tout, la planète de l’eau salée. L’ensemble des eaux douces représente donc 2,8% du volume global. Dans ce faible pourcentage, les glaces et les neiges permanentes représentent 2,1% et l’eau douce disponible 0,7%.

Bien entendu, la répartition géographique réelle de l’eau sur la Terre montre une réalité bien éloignée de ces moyennes. La surface océanique est nettement plus importante au Sud qu’au Nord. Une calotte épaisse de glace couvre tout le continent antarctique, alors qu’au Nord, il n’y a, en plus de la calotte du Groenland, que la glace qui flotte sur l’océan Arctique. Ces contrastes dans la répartition de l’eau liquide et solide renforcent les disparités dans la répartition de l’eau atmosphérique. Il existe, en effet, de grandes différences régionales liées aux variations de rayonnement solaire, qui ont une incidence entre les pôles et l’Equateur et d’Est en Ouest, selon les circulations atmosphériques et les barrières de reliefs. L’essentiel de l’eau atmosphérique se trouve particulièrement le long des Tropiques, zones d’intense évaporation des eaux chaudes de la surface océanique.

Au final, l’homme ne peut utiliser que moins d’1% du volume total d’eau douce présent sur Terre, soit environ 0,028 % de l’hydrosphère. Ceci englobe les cours d’eau, les réservoirs naturels ou artificiels (lacs, barrages…) et les nappes souterraines dont la faible profondeur permet l’exploitation à des coûts abordables.

* Source : BRGM – 2011

D'où vient l'eau ?

Les quantités de l’eau que nous avons sur Terre sont constantes. On aura autant d’eau dans un milliard d’années que nous en avons aujourd’hui selon Ghislain de Marsily interrogé par le C.I.EAU

Une répartition inégale des ressources sur la Terre

Précipitations et écoulements terrestres

Les ressources de chaque pays dépendent du climat. Les niveaux de précipitations, extrêmement variables dans le monde, vont de moins de 10 000 m³ à 10 000 000 m³ par km². Cette oscillation se répercute sur les flux d’écoulement annuels moyens. Bien entendu, précipitations et écoulements, au delà des variations géographiques, sont soumis à des évolutions plus ou moins marquées dans le temps et de manière générale, un afflux relativement constant sera plus facile à gérer que de fortes variations saisonnières.

Les pays riches et les pays pauvres en eau

Les cycles climatiques passés et actuels ont façonné la géographie des ressources en eau. De fait, elles sont inégalement réparties entre les pays. Un tiers de la population mondiale est privé d’eau potable. 1,1 milliard de personnes réparties dans 80 pays, n’ont pas accès à une eau salubre, voyant leur développement entravé par ce problème***. Dans certains pays, moins de 40 % de la population a accès à l’eau potable. C’est le cas du Cambodge, du Tchad, de l’Ethiopie, de la Mauritanie, de l’Afghanistan et d’Oman.

Près de 60 % des ressources naturelles renouvelables d’eau douce du monde sont partagés par 9 géants de l’eau : Brésil, Fédération Russe, Indonésie, Chine, Canada, Etats-Unis, Colombie, Pérou et Inde. A l’autre extrémité, un certain nombre de pays disposent de ressources extrêmement faibles, voire quasi nulles : Koweït, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Malte, Libye, Singapour, Jordanie, Israël, Chypre.

*** Source : Banque Mondiale

Quelques indicateurs

L’Organisation Mondiale de la Santé considère qu’il y a :

  • stress hydrique, si un être humain dispose de moins de 1 700 m3 d’eau par an
  • pénurie, avec moins de 1000 m3 par an.

1,4 milliards de personnes vivent avec moins de 1000 m3 d’eau par an****

****Source : BRGM – 2011

La situation d’un pays au regard des ressources en eau peut être évaluée par :

  • L’indice d’exploitation : il s’agit de la part de l’eau prélevée, pour l’ensemble des besoins d’un pays, par rapport au volume annuel moyen des apports naturels. Il peut aller de 1% au Venezuela à plus de 100% en Arabie Saoudite et en Libye. La France, avec 20 %, se situe dans la moyenne des pays industrialisés.
  • Le volume des ressources naturelles : cela va de moins de 500 m³/habitant/an (Malte, Israël…) à plus de 80 000 m³/habitant/an (Norvège, Gabon, Canada…) La France est considérée comme bien pourvue puisqu’elle se situe dans la fourchette de 2 000 à 5 000 m³/habitant/an.
  • Le degré d’indépendance : l’Egypte, les Pays-Bas ou l’Irak, par exemple, dépendent fortement des ressources en eau d’origine externe, respectivement 99%, 89% et 65%.

Disponibilité en eau douce et stress hydrique

Disponibilité en eau douce et stress hydrique

 

En 2007, plusieurs régions affichaient leur vulnérabilité, souffraient de stress hydrique, voire étaient déjà en situation de pénurie (Afrique saharienne, Afrique Australe, Moyen Orient, Asie centrale, au centre de l’Inde…

On parle de stress hydrique dès que l’eau disponible et accessible ne suffit plus à couvrir les besoins des utilisateurs.

Bilan & perspectives

Depuis quelques années, des organisations onusiennes ont entrepris la réalisation d’une Vision Mondiale à long terme pour l’Eau, la Vie et l’Environnement. Ce projet doit entraîner la prise de conscience de l’importance d’une gestion durable de l’eau. En effet, en 2025, 63% de la population mondiale devrait subir stress hydrique ou pénurie d’eau (source BRGM – 2011)

Rendons-nous compte qu’à l’échelle de la planète, les prélèvements d’eau ont été multipliés par plus de 7 entre 1900 et 1995. En rapportant l’ensemble des besoins actuels en eau de l’humanité à la population totale, on estime à 500 m3 les besoins annuels moyens en eau, par habitant, tous usages confondus. Prenons aussi en considération le fait que, au rythme actuel, la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards en 2025 et pourrait doubler d’ici la fin du XXIème siècle. Les répercussions sur les besoins en eau sont multiples : plus il y a d’êtres humains, plus il y a de personnes à désaltérer, de bouches à nourrir et d’activités humaines gourmandes en eau. D’autres facteurs influent sur les consommations d’eau, tels que l’urbanisation et le niveau de développement des pays. En 1950, on comptait à travers le monde trois mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants, en 2000 on en recensait 21 et en 2025, elles sont estimées à 50.

L'eau, enjeu de développement durable

Depuis trois décennies, un nouveau concept régit les questions environnementales : « le développement durable ». Etroitement lié à des enjeux de société, dont l’environnement et la gestion de l’eau font partie, il se propose de mettre en cohérence les aspects sociaux, environnementaux, économiques et culturels pour créer un modèle de développement régulant les inégalités :

  • L’eau douce disponible, seule ressource utilisable, est en quantité invariable alors que la population ne cesse d’augmenter et que la demande en eau est en pleine progression.
  • L’eau est inégalement répartie et la consommation varie selon les pays : 250 litres par jour et par habitant en Amérique du Nord, 100 à 230 litres en Europe, 150 litres pour un Français et moins de 10 litres en Afrique Subsaharienne.
  • Au cours du XXIème siècle, l’eau et les ressources en eau se dégraderont. Il y aura de moins en moins d’eau utilisable sans traitement par l’homme.

Il faut noter que dans les pays défavorisés, les problèmes d’accès à l’eau ne sont pas toujours liés à l’absence de ressources en eau mais à un manque de moyens financiers ou/et une absence d’organisation pour rendre potable, stocker et distribuer l’eau aux populations.

Disponibilité en eau douce par bassin : 1995 et 2025

 Disponibilité en eau douce par bassin : 1995 et 2025