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Contrairement à de nombreux produits qui peuvent être fabriqués loin
de leur lieu d'utilisation et transportés, assez facilement, partout
en France, l'eau, elle, doit être produite à proximité de l'endroit
où elle sera consommée.
Son coût de transport est élevé, car 1m3 pèse une tonne. De plus, son
stockage, qui, lui aussi, est souvent coûteux, doit être limité au
minimum pour préserver la qualité du produit.
Or les ressources d'eau disponibles à proximité des lieux de consommation
sont de qualité et de quantité très variables.
S'il existe une nappe souterraine utilisable à proximité, l'eau qui
y sera prélevée, grâce à la filtration naturelle du sol, ne nécessitera,
dans certains cas, qu'un simple traitement de désinfection. En revanche,
s'il n'y a pas de réserves en profondeur, il faudra puiser dans les
eaux de surface (lacs, rivières, retenues, etc.) généralement polluées
par l'activité humaine. Cette eau devra donc subir un traitement plus
complet pour être rendue potable. Dans ce cas, le coût de production
sera plus élevé.
De même, plus la source sera éloignée, et donc la longueur des canalisations
importante, plus le coût de transport sera élevé.
La profondeur à laquelle la nappe se situe et la géographie de la
zone à distribuer peuvent également avoir un impact important sur
le coût en raison des dépenses énergétiques des installations
de pompage.
La quantité et la sécurité des ressources en eau disponibles
peuvent peser lourdement sur le dimensionnement des ouvrages.
La nature des sols, le trafic que doivent supporter les rues, enfin,
ne sont pas sans conséquence sur le vieillissement des canalisations,
et, donc, sur le rythme auquel il est nécessaire de les renouveler.
Le type d'habitat introduit d'autres différences. Un habitat dispersé,
comme dans les campagnes, entraîne des coûts d'entretien par abonné
supérieurs à ceux des zones urbaines : l'entretien d'un kilomètre
de réseau est à la charge de moins de consommateurs, donc plus onéreux.
Certaines zones de cultures utilisant des engrais nécessitent des
installations plus complexes (par exemple pour le traitement des nitrates).
Les grandes agglomérations, pour leur part, sont souvent alimentées (au moins en partie) en eaux de surface et présentent ainsi des risques accrus de pollution accidentelle des ressources. Des mesures de protection plus importantes s'y avèrent donc nécessaires. Par ailleurs, l'environnement spécifique des grandes agglomérations (encombrement du sous-sol, circulation...) rendent les interventions techniques plus complexes. Parfois aussi, l'eau doit être puisée loin des lieux de production ou rejetée loin des sites d'épuration. Tous ces éléments sont susceptibles de faire varier le prix du service de l'eau.
Dans les zones touristiques, il faut faire face aux pics de consommation qu'entraîne la présence de nombreux touristes en saison. Les installations sont donc conçues pour alimenter une population plus élevée que la population permanente. De plus, les communes littorales sont fréquemment soumises à des impératifs de dépollution des eaux usées plus stricts, du fait de la nécessaire protection sanitaire des eaux de baignade. Ceci va souvent impliquer un niveau de dépollution et d'équipement plus lourd pour les eaux usées. Dans ces conditions, le prix du service de collecte et traitement des eaux usées y sera plus important.
La moitié de la facture d'eau moyenne est, en fait, consacrée à la collecte et à la dépollution des eaux usées. Plusieurs éléments ayant trait aux choix opérés par la municipalité dans ce domaine vont avoir un impact sur le prix du service de l'eau et, en conséquence, impliquer des différences de tarif d'une collectivité à l'autre. Bien entendu, dans une commune ne disposant pas de système de collecte des eaux usées, le prix du service de l'eau sera sensiblement moindre... mais chaque usager devra alors s'équiper de son propre système individuel d'assainissement. Dans le cas d'un système d'assainissement collectif, bon nombre de variables sont susceptibles de faire fluctuer le prix du service : l'existence d'un réseau de collecte unitaire ou séparatif, le niveau des traitements de dépollution nécessaires pour satisfaire des
impératifs réglementaires différents selon la nature des pollutions à traiter et la sensibilité du milieu où l'eau sera finalement rejetée et la densité de l'habitat figurent au premier rang de ces variables.
Ces exemples le prouvent, chaque cas est un cas particulier. Un nombre conséquent de paramètres peut donc avoir une influence sur le prix du service de l'eau et contribuer à expliquer les disparités que l'on peut rencontrer d'une commune à l'autre. En outre, il ne faut pas perdre de vue que les comparaisons de prix de l'eau n'ont de réel sens que dans la durée, pour prendre en compte la qualité d'entretien, le renouvellement des installations et le rythme des investissements consentis. Ainsi, un prix peut être artificiellement bas à un instant donné, si des dépenses d'équipement nécessaires n'ont pas été faites, ni même programmées. Mais, dans ce cas, le prix de l'eau sera amené à croître dans l'avenir.
Au final, les dernières données fournies pour l'année 2000 par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la
Répression des Fraudes) sur les disparités du prix montrent que les niveaux de prix observés en France vont de un à sept. Néanmoins, une fois
retirés les 10% de communes pratiquant les tarifs les plus élevés et les 10% de communes dont les tarifs sont les plus bas, le rapport pour 80% de la population n'excède pas 1,7 entre les prix les plus chers et les moins chers.
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