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Les nitrates, par eux mêmes, sont peu toxiques. Leur seul effet est
diurétique.
La toxicité des nitrates ne peut en fait venir que d'une ingestion
massive ou de leur transformation en nitrites (NO2) dans l'organisme.
Les nitrites peuvent être, pour l'essentiel, à l'origine de deux phénomènes
potentiellement pathologiques : la méthémoglobinémie et la formation
de nitrosamines.
La méthémoglobinémie
Elle constitue l'effet le plus grave et le plus anciennement connu
des nitrates.
Dans l'organisme, c'est l'hémoglobine (les globules rouges du sang)
qui transporte l'oxygène des poumons dans le reste des cellules
du corps. La "méthémoglobine" est une forme d'hémoglobine
qui ne permet pas, par contre, cette fonction vitale de transport
de l'oxygène. Chez un individu normal, environ 0,8 % de l'hémoglobine
se trouve sous forme de méthémoglobine.
La méthémoglobinémie correspond précisément à une accumulation anormale
de méthémoglobine dans l'hémoglobine : lorsqu'elle est trop importante,
le transport de l'oxygène dans les cellules devient défaillant,
avec des conséquences plus ou moins graves.
Les symptômes de la méthémoglobinémie apparaissent lorsque
le taux de méthémoglobine dans les globules rouges atteint 10 %,
avec de premiers signes de cyanose (coloration mauve ou bleue de
la peau, les vaisseaux transportant un sang mal oxygéné). Lorsque
la méthémoglobinémie dépasse 20 %, des signes plus sérieux se font
jour, comme des maux de tête, vertiges, tachycardie, asthénie...
Des troubles de conscience et des signes neurologiques surviennent
au-delà de 60 % et, à partir de 70 %, l'intoxication peut être
mortelle.
Les nitrates, en tant que tels, ne peuvent être directement responsables
de l'apparition de la méthémoglobinémie. C'est leur transformation
en nitrites, dans certaines conditions biologiques, qui peut la
provoquer. Les nitrites sont, en effet, des agents favorisant la
formation de méthémoglobine.
Si l'homme adulte est, a priori, peu menacé par la méthémoglobinémie,
le nourrisson de moins de six mois est, par contre, sensiblement
plus vulnérable à cette pathologie, et ce pour plusieurs raisons
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Pendant les trois premiers
mois de la vie, environ 70 % de l'hémoglobine est d'origine
ftale. Cette hémoglobine est beaucoup plus facilement
"oxydable" que celle de l'adulte et peut donc, de
ce fait, se transformer beaucoup plus facilement en méthémoglobine.
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Le pH de l'estomac des nourrissons
est proche de la neutralité, contrairement aux adultes, pour
lesquels l'estomac est un milieu acide. Or, c'est justement
à pH presque neutre que les nitrates se transforment le plus
aisément en nitrites.
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La consommation de liquide par
rapport au poids corporel est près de dix fois supérieure chez
le nourrisson que chez l'adulte. |
La norme "nitrates"
de l'eau potable (50 mg/l.) a été établie en fonction du risque couru par les nourrissons, population la plus vulnérable.
C'est également pourquoi, en cas de dépassement, même temporaire,
de la norme, la consommation d'eau est proscrite pour les nourrissons,
ainsi que pour les femmes enceintes ou allaitantes. Les populations
concernées par un éventuel dépassement de norme doivent alors être
prévenues par les autorités responsables.
Les nitrosamines
Les nitrosamines sont le produit de réactions entre des dérivés
des nitrites et certains acides animés.
Le caractère cancérogène des nitrosamines de synthèse a été établi
chez l'animal. Chez l'homme, ce caractère cancérogène est suspecté,
par extrapolation.
Encore une fois, ce sont donc les nitrites, impliqués dans la formation
de nitrosamines, qui peuvent être suspectés d'un effet nocif pour
la santé.
Aucun effet cancérogène direct des nitrates n'a, en revanche, été
constaté sur l'homme. La limitation de leur concentration dans l'eau
est donc à ce niveau conforme au principe de précaution maximale,
qui vise à garantir la santé des personnes contre tout risque à
court ou long terme, que ce risque soit avéré, probable ou même,
comme ici, simplement supposé.
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