La qualité de l'eau du robinet
Les grandes questions
Les pesticides

Les normes

Des normes très rigoureuses... pour protéger la santé des consommateurs

Les normes en vigueur sont jusqu'à 20 fois plus basses que les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
La valeur guide indiquée par l'OMS concerne la santé humaine, la norme européenne et française, nettement plus sévère, a pour but de protéger, en plus, l'environnement.

La norme Française fixe à 0,1 µg/l la concentration maximale pour chaque type de pesticide identifié, et à 0,5 µg/l la concentration totale en pesticides.
Un taux encore plus sévère à 0,03 microgrammes par litre maximum est fixé pour l'aldrine (insecticide), la diéldrine (insecticide), l'heptachlore (insecticide à large spectre utilisé notamment contre les termites) et l'époxide d'heptachlore (insecticide à large spectre).

Il est important de remarquer comme indiqué plus haut, que les réglementations européenne et française sont beaucoup plus sévères que les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui retient des limites souvent beaucoup plus hautes, jusqu'à 20 fois plus que la norme française : c'est par exemple le cas pour l'atrazine (herbicide souvent utilisé pour le maïs), la simazine (herbicide) ou le lindane (insecticide), substances pour lesquelles l'OMS recommande un taux maximal de 2 microgrammes par litre.

Ces normes sont définies par la directive européenne 98/83/CE du 3 novembre 1998, relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. Cette directive a été appliquée en droit français par le décret du 20 décembre 2001, désormais remplacé par la réglementation du 11 janvier 2007.



... et très basses pour permettre de réagir en cas de dépassement sans mettre en risque la santé publique

Les normes ont été fixées par les spécialistes de santé publique selon un principe de précaution. Le critère directif de ce principe de précaution est de considérer, et donc de limiter, le risque potentiel de l'absorption d'une substance sur la durée de toute une vie (environ 70 ans).
Ce principe implique que les seuils fixés pour les normes soient très bas, pour ne pas prendre de risque en termes de santé publique, en cas de dépassement accidentel.

Les taux très bas, tels qu'ils existent, permettent en particulier aux sociétés de service des eaux de réagir avec efficacité dans les installations de traitement, soit en procédant à un arrêt du captage de l'eau où la pollution s'est produite et en se connectant sur une ressource de meilleure qualité, soit en procédant à un traitement d'urgence par l'usage de charbons actifs pour neutraliser la pollution.

Bien comprendre les résultats d'analyse

Sur les 6 milliards de m3 d'eau potable produits chaque année par les 12 400 services de distribution d'eau, seule une faible part est concernée par des dépassements de teneurs en pesticides recommandées par l'OMS et on peut affirmer que l'eau distribuée aujourd'hui en France est sûre.

Un dépassement de norme doit être, également, considéré dans le temps. Certaines conditions atmosphériques, comme par exemple de fortes pluies, peuvent notamment provoquer un dépassement momentané des normes pesticides. Les taux très bas permettent au distributeur de prendre les mesures nécessaires pour y remédier.
Avec les valeurs très basses des taux définis par les normes, un dépassement de quelques centièmes de microgrammes est très peu significatif et, en tout cas, présente peu de risques pour la santé humaine. Cela dit, même à ces faibles doses, les mesures de remise en conformité avec la norme doivent être prises.

Par ailleurs, pour les dépassements durables et/ou récurrents, ce qui peut arriver dans certains endroits où la ressource est très dégradée, en particulier celles où le contexte de l'activité agricole s'est beaucoup modifié, la réglementation française prévoit la mise en œuvre de programmes d'amélioration de la qualité des eaux par les pouvoirs publics : recherche de nouveaux captages, équipement des usines de traitement d'eau de filière permanente de traitement des pesticides...