1-Paramètres indicateurs de
qualité témoins du fonctionnement des installations
de production et de distribution
Ces paramètres n’ont pas de caractère impératif.
Ce sont des paramètres indicateurs ; leur non conformité
peut être le signe d’un dysfonctionnement dans les installations
de traitement ou de distribution qui doit alerter l’exploitant.
Leur évaluation tient compte de risques éventuels
pour la santé des personnes, mais aussi de l’agrément
de l’usage de l’eau pour les consommateurs.
En ce sens, ils regroupent des paramètres organoleptiques.
Ce sont les paramètres qui concernent les qualités
sensibles de l’eau : la couleur, la saveur, l'odeur, la transparence.
Ces critères n'ont pas de valeur sanitaire directe. Une eau
peut être trouble, colorée, sentir le chlore et être
parfaitement consommable d’un point de vue sanitaire.
Comment les mesure-t-on?
Ce sont des aspects qualitatifs dont les sens sont les meilleurs
juges: seul le nez est apte à identifier une odeur.
Cependant, pour que des normes puissent être définies,
il a fallu établir des systèmes de mesure.
La couleur est mesurée selon une méthode dite “au
platine-cobalt”. Un échantillon de l’eau à
traiter et des solutions-témoin qui contiennent du platine
à des dilutions différentes sont placées dans
des tubes à essai posés sur un fond blanc. La méthode
consiste à comparer visuellement l’échantillon
aux diverses solutions. L’échantillon ne doit pas présenter
une coloration plus intense qu’une solution contenant 15 mg
de platine par litre .
L’odeur est mesurée par le nombre de dilutions nécessaires
dans de l’eau inodore pour faire disparaître l’odeur
de l’échantillon.
L’eau inodore est obtenue en faisant passer de l’eau
potable sur du charbon actif à une vitesse déterminée.
Pour la saveur, en le “goûtant” à des dilutions
diverses, on compare l’échantillon à une eau
“sans goût”, ou à des solutions de référence.
La température du liquide jouant un rôle non négligeable
dans l’intensité de la sensation, (odeur ou saveur),
on opère à deux températures différentes.
Pour que l’eau soit conforme à la norme, il ne faut
pas avoir besoin de la diluer plus de trois fois à 25°.
Parmi les références de qualité, on dénombre
également un certain nombre de normes en relation avec la
structure naturelle des eaux; on y retrouve les caractéristiques
que l'eau brute a pu acquérir dans son parcours naturel.
En effet, au contact prolongé du sol, les eaux se chargent
de certains éléments minéraux (tels la présence
de fer de sulfates, de sodium, etc…). Les limites de concentration
fixées pour la plupart de ces paramètres correspondent
à des considérations de l'ordre du goût et de
l’agrément plutôt qu’à des préoccupations
sanitaires.
La température, la conductivité, le pH sont également
pris en compte.
2- Les indicateurs de radioactivité
Les radionucléides sont des composés radioactifs qui
en se désintégrant sont suceptibles d’emettre
des rayonnements ionisants. Certains existent à l’état
naturel, d’autres sont entièrement artificiels. On
trouve parmi ces composés l’uranium, le plutonium,
le thorium, le radium ou encore le tritium.
La relation dose effet des radiations est mal connue mais leur toxicité
est bien certaine.
La référence relative aux Radionucléides totaux
est fixée dans un but sanitaire et se fonde sur les éventuels
risques de dégâts biologiques sur l’être
humain. Sa norme est de 0,1 mSv par an (sievert). Un sievert correspond
à l’effet d’un rayonnement X de 200 à
250 kV.
La norme tritium est utilisée comme
traceur de pollution accidentelle. La présence de tritium
en grande quantité dans l’eau peut signifier la présence
d’autres radionucléides et constitue un indicateur
de contamination de la ressource en eau par des rejets radioactifs
liés aux activités humaines. La norme s’exprime
en Béquerel. L’eau ne doit pas contenir plus de 100
Bq par litre de tritium.
Enfin, l'activité alpha globale et l'activité bêta globale résiduelle servent à mesurer la présence de radon dans l'eau. Celui-ci provient de la désintégration naturelle de l'uranium.
Ces deux dernières normes sont recentes. Elles ne figuraient pas dans le décret 2001.
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