Eau, forme et santé
L'eau et la santé

Calcaire, chlore et eau de boisson : mythes et réalités


Quand on évoque la qualité de l'eau, les discussions s'orientent souvent sur le calcaire et le chlore. C'est alors que l'on entend bien des affirmations erronées; des erreurs qu'il importe de corriger.
La dureté de l'eau est proportionnelle à sa teneur en calcium mais aussi en magnésium. Elle dépend de la nature géologique des sols qu'elle a traversés.
Quoi qu'il en soit, les désagréments d'une eau trop dure sont uniquement de l'ordre du confort (entartrage, eau désagréable pour l'épiderme...). Par contre, on n'a pas démontré d'effets sanitaires négatifs liés à la dureté de l'eau et à la présence de calcaire, en particulier sur la fréquence des calculs rénaux. Au contraire, l'eau de boisson participe à l'apport de calcium à l'organisme, ce qui est particulièrement important chez la femme (cela même s'il y a débat sur la proportion de calcium qui est réellement absorbée par l'organisme) et l'adolescent.
Il n'y a donc aucune justification sanitaire à l'adoucissement excessif des eaux de boisson, d'autant qu'une eau trop douce a un effet corrosif sur les canalisations et peut entraîner la libération de particules de métaux (plomb ou autre) dans l'eau.

Le goût de chlore... n'est pas celui du chlore
Le goût de chlore est un des reproches les plus fréquemment adressés à l'eau potable. En réalité, l'apparition du goût et de l'odeur "d'eau de Javel" correspond à la liaison du chlore à des matières organiques, afin d'éliminer des éléments indésirables : une eau à la saveur et à l'odeur fortement chlorées peut ne contenir que très peu de choses (pour combattre ce désagrément, il suffit de laisser l'eau s'aérer).
Quoi qu'il en soit, le chlore utilisé dans l'eau potable ne présente pas de risque sur le plan sanitaire. Ce n'est que pour le confort et l'agrément du consommateur que la teneur en "chlore libre résiduel" reste limitée à 0,1 mg/l d'eau (ce qui correspond à une goutte pour 1 000 litres) et 0,3 mg/l dans le cadre du plan "Biotox", lors des menaces bioterroristes. Mais l'impératif sanitaire fait que, parfois, cette valeur doit être dépassée afin d'obtenir une plus grande sécurité microbiologique sans problème particulier de tolérance.