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L’évacuation des eaux usées est une question qui
préoccupe les villes depuis leur origine. À cet égard,
les grandes civilisations de l’Antiquité connaissaient
déjà des systèmes d’évacuation très
perfectionnés. On citera le modèle Romain de la Cloaca
Maxima, construit sous la Royauté, qui déverse dans
le Tibre les eaux usées de la métropole, complété
sous la République par la Cloaca du Circus Maximus et la Cloaca
du Champs de Mars. L’idée qui prévaut jusqu’au
XIXe siècle est d’éloigner
les effluents le plus rapidement possible des cités pour éviter
les inondations et les épidémies. On ne parle pas encore
de "traitement" pour les eaux usées.
Le Moyen Age n’ignore pas ces principes. L’abbaye de Royaumont
par exemple, présente un ingénieux système d’évacuation
de ses eaux usées : les latrines des moines sont construites
au-dessus de la rivière. Les Hospices de Beaune utilisent également
le courant du ruisseau sur lequel ils sont édifiés pour
évacuer leurs effluents. Cluny, est équipée d’un
système d’égout perfectionné… Mais
dans les grandes villes au développement plus anarchique, ces
notions de salubrité sont souvent négligées.
D’autant que les déjections ont une valeur économique.
Elles sont vendues comme engrais ou "poudrette". D’autre
part, l’urine en s’infiltrant dans la terre, vient se
déposer sur le mur des caves sous forme de salpêtre qui
est utilisé pour fabriquer de la poudre à canon. Les
maisons disposent au mieux de latrines reliées à une
fosse qui doit être régulièrement vidangée.
Dans les quartiers bas, plus pauvres, elles font souvent défaut.
S’ajoutant à cela l’absence générale
d’égouts, les rues offrent le plus souvent un spectacle
répugnant. Pourtant nombreux sont les observateurs qui établissent
une relation entre les maladies et la mauvaise évacuation des
eaux usées. Il faut cependant attendre 1843 pour voir apparaître
en Allemagne, le premier réseau d’assainissement moderne.
Il est créé à Hambourg à l’occasion
de la reconstruction de la ville à la suite d’un incendie.
En France, l’impulsion est donnée par Haussmann qui sous
le Second Empire, entreprend d’équiper Paris d’un
réseau complet d’égouts. Mais cette évolution
pour le reste de la France est lente. En 1907, sur 616 villes de plus
de 5 000 habitants, 294 n’ont pas de réseau d’égout.
En 1960, 12 % seulement des Français sont reliés au
tout-à-l’égout.
Quant au traitement des eaux usées lui même, il connaît
également d’importants progrès. À l’origine,
les effluents sont souvent rejetés sans traitement dans la
nature. Puis plus tard, ils sont épandus pour servir d’engrais.
En 1940, la mise en service de la première tranche de la station
d’Achères en région parisienne, utilisant les
techniques des boues activées et du lit bactérien inaugure
l’ère de la station d’épuration et des traitements
plus rigoureux. Il faut néanmoins attendre les années 1960,
pour que le programme d’installation des stations d’épuration
prenne son essor. Entre temps, les eaux superficielles se sont fortement
dégradées. La loi sur l’eau du 16 décembre
1964, en instituant les six agences de l’eau accélère
l’action en faveur de la préservation des ressources,
qui depuis n’a cessé de s’amplifier. |
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