 |
De la période gallo romaine, il reste de très beaux
témoignages de la distribution de l’eau dans les villes.
Lyon conserve des vestiges des 250 kilomètres d’aqueducs
qui au Ier siècle avant JC, acheminaient quotidiennement vers
la capitale des Gaules 80 millions de litres d’eau. Le Pont
du Gard, un des ouvrages du réseau d’alimentation de
Nîmes, atteste de façon spectaculaire de la maîtrise
technique des Gallo-Romains vis-à-vis de la distribution d’eau,
tout comme les thermes de Cluny à Lutèce témoignent
de leurs excellences de confort. Nombre d’ouvrages sont détruits
ou endommagés lors des invasions barbares.
Au Moyen Age, nul château fort, monastère, ferme ou village,
ne saurait s’installer loin d’un point d’eau. Les
moines cisterciens en particulier, s’illustrent dans la maîtrise
des techniques hydrauliques. Mais l’essor urbain de la seconde
partie du Moyen Age, engendre des difficultés d’approvisionnement
nouvelles. Les bourgs attirent une population toujours plus importante,
l’alimentation en eau des familles se dégrade tant au
plan de la qualité que de la quantité et les principes
d’hygiène en viennent à être négligés.
En fait, dans les villes, bien avant les particuliers, ce sont les
activités artisanales qui commandent l’utilisation de
l’eau. Les teintureries et les mégisseries par exemple,
s’installent au bord des cours d’eaux, qu’elles
souillent afin d’effectuer toutes les opérations nécessaires
à leur pratique. Parallèlement, les sources locales
deviennent insuffisantes et les puits sont souvent corrompus par les
infiltrations. L’absence de réseau d’égouts
ne fait que renforcer ce cercle vicieux. Aller à la fontaine
est une corvée quotidienne pour les ménages les plus
modestes. Les autres, moyennant finance, peuvent se faire livrer à
domicile par les porteurs d’eau.
Cependant, bien avant l’avènement des hygiénistes,
nombreux sont ceux qui s’intéressent à l’amélioration
de l’état de salubrité des populations et rêvent
d’une eau saine dans toutes les maisons. Mais les villes manquent
de moyens financiers pour effectuer l’aggiornamento complet
de leur système d’approvisionnement. Au début
du Second Empire cependant, l’arrivée d’Haussmann
à la préfecture de Paris agit comme un accélérateur.
La capitale se lance dans de grands travaux et à sa suite l’ensemble
des villes réexaminent leur alimentation en eau. |
| |
|
|
|
|
| |
|
|
|
|