 |
Les conséquences écologiques de la pollution des ressources en eau
se traduisent par la dégradation des écosystèmes aquatiques.
Comme tout milieu naturel, un écosystème aquatique dispose d'une
capacité propre à éliminer la pollution qu'il subit : c'est sa capacité
"d'autoépuration". Cependant, lorsque l'apport de substances
indésirables est trop important, que cette capacité épuratoire est
saturée, les conséquences écologiques peuvent être de différentes
natures.
Ainsi, un apport accidentel massif de substances toxiques peut provoquer
une catastrophe écologique spectaculaire au niveau de la faune aquatique.
Mais les spécificités des milieux aquatiques engendrent des désordres
particuliers :
- Tout d'abord, l'eau a comme propriétés de dissoudre la plupart
des substances minérales ou organiques et de mettre en suspension
les matières insolubles. En conséquence, tout polluant de l'eau
peut se retrouver très loin en aval du lieu de contamination.
- Par ailleurs, les gaz sont peu solubles dans l'eau. Les milieux
aquatiques sont donc naturellement pauvres en oxygène dissous,
élément indispensable à la respiration de la faune aquatique.
Or, la dégradation (l'élimination), par le milieu, des pollutions
organiques est fortement consommatrice d'oxygène : plus la pollution
organique est forte, plus le milieu concerné s'appauvrit en oxygène.
Ce phénomène peut aller jusqu'à l'anoxie de l'eau (absence d'oxygène),
avec des conséquences très graves pour la faune.
- La relative pauvreté naturelle en oxygène dissous des milieux
aquatiques amène les animaux à absorber de très grandes quantités
d'eau pour satisfaire leurs besoins en oxygène. Ils risquent donc,
beaucoup plus que les animaux terrestres, d'ingérer de grandes
quantités de toxiques, même lorsque ceux-ci ne se trouvent qu'en
très faibles quantités dans le milieu.
- Enfin, les variations naturelles de température des milieux
aquatiques sont d'une amplitude beaucoup plus faible que celle
des milieux terrestres. Les organismes aquatiques sont donc nettement
plus sensibles aux changements de température, même faibles. De
ce fait, ils sont particulièrement exposés lorsqu'ils sont soumis
à une "pollution thermique" (rejet d'eaux chaudes dans
le milieu).
|