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Médias et opinion s'accordent sur deux points : ils font de la qualité
une priorité de leurs exigences et jugent l'eau sur sa qualité en tant
qu' eau de boisson mais c'est sur la qualité aussi que se constatent
les plus grandes divergences entre opinion des Français et discours
des médias.
Les médias sont plus critiques à l'égard de la qualité de l'eau que l'opinion, qui accorde des taux élevés de bonnes opinions quant à
sa sûreté. De plus, la presse tient un discours complexe par rapport à
la qualité de l'eau. Comme les trains qui arrivent à l'heure, la bonne qualité de l'eau au robinet est moins événementielle qu'une coupure d'eau intervenue à la suite d’une pollution due à un gros orage ou que
la mise en exergue d'un risque lié aux rejets de produits phytosanitaires.
Mais il ne faut pas s'arrêter à ce tropisme incontournable des médias – un train qui arrive à l'heure est une non-information. La presse fait aussi son travail d'alerte sur la préservation de la qualité. Par rapport à la période précédemment étudiée, une nette radicalisation du discours
des médias se constate. Ils s'intéressent désormais aux pathologies pouvant être provoquées par l'eau et non plus à une critique globale stigmatisant l'eau comme médiocre, voire dangereuse.
Substances potentiellement présentes dans l'eau et maladies qui peuvent en découler sont l'angle d'approche. C'est un progrès du fait d'une information plus précise, mais un danger du fait de l'occultation
du lien dose/effet. Le rapprochement du nom de la maladie, cancer, saturnisme, Alzheimer avec les substances présentes dans l'eau crée
un effet loupe très inquiétant, surtout lorsqu'il figure en titre.
Les précautions et nuances du corps des commentaires (qui sont de mieux en mieux documentés et font référence avec objectivité aux études concluantes ou pas, ou aux doses infimes existants dans l'eau, par rapport aux autres sources d'exposition à ces substances) ont beaucoup moins d'impact que le titre.
Ces messages atteignent-ils la confiance du public ? Si, pour les médias, la qualité est devenue totalement une affaire de santé publique et individuelle, pour le consommateur, le lien « eau et santé » est beaucoup moins fort sauf en ce qui concernent la préparation des biberons pour les nourrissons. Jamais les Français n'ont eu autant confiance dans
la qualité de l'eau du robinet et n’ont été aussi satisfaits de tous ceux qui y concourent, service des eaux, autorités sanitaires de contrôle…
Leur insatisfaction est principalement de l'ordre du confort, goût et calcaire, très, très loin devant des inquiétudes d'altération de l'eau du robinet par des pollutions dangereuses pour la santé. Ils n'en boivent pas tous, mais ils en boivent de plus en plus (65 % déclarent en boire régulièrement) et l'écart avec la consommation d'eau en bouteille se rétrécit jusqu'à ne plus être que de 3 points.
Des études complémentaires faites au C.I.EAU nous montrent que
les Français estiment que l'eau ne provoque pas de maladies à court terme mais qu'une inquiétude sur le risque à long terme existe. D'ailleurs, l'eau devient de plus en plus un sujet d'interrogation lors
de la consultation chez le médecin.
Notons que les médias s'intéressent peu aux contrôles en tant que tels ; alors qu'à l'inverse, une partie de l'opinion souhaiterait qu'ils fassent l'objet de plus d'information.
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