Les études du C.I.EAU
Les Français et l'eau - 10 ans d'opinion et d'études - 1995 à 2005
Évolution de l'opinion des français

Le prix de l'eau



L’eau est perçue comme plutôt chère par 58 % des Francais alors que
30 % estiment ce prix plutôt bon marché, une donnée quasiment stable sur 10 ans.

Attitudes face au prix de l'eau


LE PRIX DE L'EAU AUJOURD'HUI

Le prix de l’eau est une donnée méconnue d’une majorité des Français, qu’il s’agisse du prix du mètre cube ou du montant annuel des factures d’eau.

69 % des Français ne peuvent pas citer spontanément le prix en euros, du mètre cube. Une méconnaissance qui s’accentue au cours des années : elle était de 59 % il y a un an, inventoriée en francs (l’évaluation en francs n’est plus faite en 2005).

Pour la part du public capable de citer un prix pour l’eau au mètre cube, l’estimation du coût augmente de façon conséquente au fil des années, mais la proportion de Français qui considèrent que l’eau est chère reste stable (il est à préciser que les prix cités par le public sont disproportionnés par rapport à la réalité).

Les personnes recevant une facture sont plus à même de citer un montant de dépenses annuelles que celles payant le montant de
la dépense en eau au sein des charges. Le passage à l’euro a perturbé
les perceptions, mais on retrouve petit à petit une capacité d’estimation du prix de la facture proche de ce qu’elle était avant 2001.


AUJOURD'HUI, 1/3 DES FRANÇAIS RECEVANT UNE FACTURE D'EAU NE CONNAISSENT PAS LE MONTANT ANNUEL DE
CELLE-CI ? ILS ÉTAIENT 21 % EN 1996


Le fait que le montant de l’eau figure au sein des charges augmente les incertitudes : 59 % ne peuvent pas, dans ce cas, citer un montant de dépenses annuelles.

Plus de la moitié des Français (56 %) recevant une facture d’eau sont incapables d’estimer leur consommation globale d’eau en mètres cubes.


LE PRIX DE L'EAU DE DEMAIN

La majorité du public (80 %) est convaincue que le prix de l’eau va augmenter et sera plus élevé dans quelques années qu’aujourd’hui.

Entre 1997 et 2000, la perception d’une augmentation prospective du prix de l’eau à moyen terme était un peu moins affirmée : 74 % à 75 % considéraient alors qu’elle serait plus chère à l’avenir.

Parmi les Français qui considèrent que le prix de l’eau ira en augmentant, 35 % associent ce phénomène à l’inflation, perception conjoncturelle plus forte aujourd’hui. En 2004, le pourcentage était de 25 %, soit 10 %
de moins.

Les autres motifs perçus comme explicatifs d’une augmentation
des coûts ont trait à l’environnement, à la pollution et aux coûts
de traitement inhérents :
phénomènes environnementaux, raréfaction de l’eau (en très nette augmentation depuis la canicule de l’été 2003) 13 % en 1996, 30 % fin 2003 : soit 11 points de plus qu’en 2002, 35 % aujourd’hui ; - eau de moins bonne qualité pour des problèmes de pollution : 23 %, donnée peu variante sur 10 ans ;
eau nécessitant plus de traitements, de travaux d’assainissement : 18 %, une perception en régression sur 10 ans et sans doute liée à la conviction que ces travaux sont pour partie déjà entrepris.

Un prix de l’eau méconnu mais le sentiment que les coûts sont
en constante augmentation et la conviction que le prix.


UNE EAU QUI AUGMENTERA AU-DELÀ DE L'INFLATION POUR DES MOTIFS D'ORDRE ÉCOLOGIQUE


Quant aux critères expliquant la perception d’une absence d’évolution, voire d’une diminution des coûts, ils sont essentiellement liés :
au coût actuel de l’eau qui apparaît élevé ;
à l’amélioration des techniques qui devrait faire diminuer les prix
de revient.


LE CONTENU DE LA FACTURE D'EAU

Les 2/3 environ des Français ont une perception positive de la facture d’eau qu’ils reçoivent. Une donnée qui est globalement stable sur les 10 ans écoulés.

Évolution de l'opinion sur la facture d'eau



Les 2/3 des Français qui reçoivent une facture d’eau sont satisfaits
de sa présentation.

Les principaux postes de la facture spontanément cités, mis à part
la consommation d’eau, ont trait :
au traitement des eaux usées : 46 % de citations ;
au traitement et aux équipements nécessaires pour assurer
la potabilité de l’eau : respectivement 40 % et 16 % ;
à l’abonnement : 29 % ;
aux taxes : 29 % ;
au coût du raccordement : 16 %.
La collecte des eaux usées est peu citée en spontanée : un coût induit qui ne s’instaure que lentement dans l’esprit du public, mais qui toutefois progresse (en assisté) sur 10 ans (plus 7 points).

Il est avéré qu’on assiste en 10 ans à une nette progression de
la perception spontanée du contenu de la facture, et notamment :
du traitement de l’eau pour la rendre potable : 20 % de citations spontanées en 1997, 40 % en 2005 ;
des installations/usines pour conduire à la potabilité de l’eau : 7 % en 1997, 16 % en 2005 ;
du raccordement au réseau et de son entretien : 15 % en 1997 ;
25 % en 2005 ;
du montant de l’abonnement, de la part fixe : 22 % en 1997, 29 % en 2005 après un pic en 2002 à 34 %.
Est stable, tout en étant au meilleur niveau de perception spontanée :
le traitement des eaux usées. Par contre sont en régression les citations relatives aux « taxes » : 41 % en 1996 pour 29 % en 2005.

Quasiment 80 % des Français consentent à payer pour rendre l’eau potable ou dépolluer les eaux usées mais l’acceptation d’un coût pour protéger l’environnement ou par solidarité avec les zones rurales est beaucoup plus difficile à établir.

La légitimité des coûts relatifs aux traitements nécessaires pour rendre l’eau potable est évidente et stable depuis 1996 (78 versus 79 %) ;
celle des coûts pour dépolluer les eaux usées est évidente et en progression nette depuis 2 ans : 69 % de légitimité en 1996, 79 %
en 2004, 78 % en 2005.

Par contre, l’acceptation d’un coût pour protéger l’environnement (redevance pollution) et surtout développer le réseau en zone rurale (redevance FNDAE) s’impose nettement moins : ces deux thèmes sont en régression (réciproquement de 2 et 3 points) par rapport à l’an passé. Une évolution positive existe certes, depuis 1996, mais elle est manifestement difficile à établir :
environnement : 57 % de légitimité en 1996/ 65 % aujourd’hui ;
solidarité zone rurale : 53 % en 1996/ 59 % en 2005.


LA LÉGIMITÉ DE L'ABONNEMENT DE PLUS EN PLUS REMISE
EN CAUSE

49 % des Français considèrent qu’il est normal de payer l’abonnement d’eau, 44 % pas normal, c’est tout à la fois l’écart le plus étroit jamais observé et la position la moins positive ; les mentalités ont nettement évolué en 10 ans quant au consentement à payer l’abonnement
(- 10 points).

On retrouve cette réticence en proportion quasi équivalente pour l’abonnement à l’électricité et en proportion tendanciellement plus forte encore pour le téléphone fixe. Sans doute une évolution des mentalités qui amène l’usager à ne plus accepter de payer l’accès à un produit nécessaire à tous mais uniquement sa consommation.

Les Français considèrent tout à la fois que les prix de consommation sont élevés et qu’ils devraient couvrir l’ensemble des frais de gestion, que les frais d’installation ont été payés et sont amortis. De plus,
ils estiment qu’il s’agit du droit à l’accessibilité et que celui-ci n’a pas
à être refacturé au-delà du prix de la consommation.

En termes de perception de montant, les dépenses d’eau restent en troisième position derrière celles d’électricité et de téléphone.

Le rythme attendu pour l’émission de la facture d’eau : les usagers réglant directement leur facture d’eau déclarent recevoir celle-ci, pour 60 % d’entre eux tous les six mois, 14 % ne recevant cette facture qu’une fois par an et 21 % déclarant en recevoir plus d’une par semestre.

Les attentes reposeraient sur un rythme un peu plus rapproché puisque 35 % des Français aimeraient recevoir plusieurs factures par semestre : 15 % une facture trimestrielle et 20 % une facture mensuelle.

Au cours des 10 dernières années, l’attente d’une facture mensuelle a légèrement évolué, passant de 14 % à 20 %.



 
  Introduction
  Le statut de l'eau : attitudes à l'égard de la ressource
  La dépollution des eaux usées
  La satisfaction
  La consommation
  Le service de l'eau
  L'information