Perceptions générales de l'eau
Des jeunes très sensibilisés au thème de l'environnement, via leurs cours de SVT (Sciences et Vie de la Terre) et de géographie.
La pollution est avant tout perçue sous l'angle de la pollution de l'air (n'oublions pas que les deux groupes sont issus de zones urbaines) et de la pollution "insidieuse", souterraine. L'eau n'est pas évoquée, spontanément, comme enjeu écologique déterminant... à l'exception de l'eau des mers (mais il ne faut pas perdre de vue, sur ce dernier point, le contexte de la marée noire du Prestige, très présente dans les médias au moment de l'étude).
L'eau est perçue comme un élément vital pour toutes les espèces, et intrinsèquement liée à la nature originelle = > émergence d'une sorte de triptyque eau / nature / vie, finalement assez classique.
L'eau, la vie dans la nature, s'opposent à l'humain et à la vie citadine, avec plusieurs types d'oppositions à la clef :
- Un univers naturel sain vs un univers artificiel sale (toxiques, polluants fabriqués par l'homme).
- Un milieu naturel en péril vs une espèce humaine qui, elle, peut survivre (l'homme trouvera toujours une solution de survie).
Des jeunes globalement peu inquiets quant à la situation de l'eau en France :
- Même si l'homme en altère la qualité, l'eau apparaît toujours disponible.
- L'eau du quotidien (robinet, bouteille, douche) est jugée "propre".
- Les problèmes que l'on peut rencontrer semblent très localisés.
Une grande confiance dans la technique et la science pour régler les problèmes qui peuvent survenir, aujourd'hui ou demain (confiance dans la sûreté de l'eau parce qu'elle est traitée, par exemple ; confiance dans les progrès scientifiques pour apporter des réponses dans l'avenir).
Egalement, en second lieu, une confiance dans la réglementation et dans le pouvoir des "sanctions" pour régler les problèmes (gaspillage, pollution, etc.).
Imaginaire de l'eau
Un imaginaire double, de vie et de mort : une source de vie... et une potentielle puissance meurtrière (probable impact, ici, des inondations très relayées par les médias).
L'eau est également vue comme une force tranquille, quelque chose de généreux, de maternel, de pur évidemment... mais qui peut se déchaîner.
Le rapport de l'eau à l'homme (le jugement que l'eau pourrait avoir de l'homme si on lui demandait son avis), selon les interviewés, est assez négatif : ce dernier l'emprisonne (barrages) la salit (pollution), la gaspille, le tout avec une grande insouciance.
Au final, l'eau est de plus en plus hostile à l'égard d'un homme vu comme un ennemi, d'où la perception diffuse d'une vengeance "naturelle" dirigée contre l'homme (réactivation du mythe du Déluge ?).
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