Les études du C.I.Eau
Le baromètre C.I.EAU / TNS SOFRES "Les Français et l'eau - 2007"

Le prix du service de l'eau : une eau toujours considérée comme « plutôt chère », mais dont le prix demeure mal connu

TROIS FRANÇAIS SUR CINQ NE CONNAISSENT PAS LE PRIX
DU MÈTRE CUBE D’EAU

La connaissance du prix moyen du mètre cube s’était légèrement renforcée l’année dernière, mais il semblerait que la tendance
ne se confirme pas.
De fait, lorsqu’on leur demande d’avancer un chiffre pour le prix moyen du mètre cube d’eau en euros, 60% des Français s’en disent incapables, soit 2 points de plus qu’en 2006.
La méconnaissance du prix moyen du mètre cube d’eau concerne donc toujours une large majorité de Français et ne paraît pas franchement être en voie d’amélioration.

Les réponses de ceux qui sont capables de citer un chiffre aboutissent, une fois encore, à un tarif très nettement surévalué : 4,8 € (alors que
le prix moyen du m3 d’eau est, selon l’INSEE, de 2,95 € en janvier 2007).


Cependant, en toute logique, les abonnés au service d’eau continuent
de se montrer de plus en plus précis quant à l’appréciation
de leurs dépenses d’eau annuelles. Ceux qui reçoivent une facture
ne sont plus que 27% à se dirent incapables d’en évaluer le montant
sur l’année, soit 2 points de moins qu’en 2006 et surtout 16 points
de moins qu’en 2002 (43%). Sur cette question, l’évolution dans le bon sens peut donc sembler relativement pérenne.
Les montants moyens des réponses collectées s’élèvent à 337,0 €,
ce qui s’avère assez proche de la réalité (354,56 € selon l’INSEE, janvier 2007).
Enfin, sans surprise, la question est largement plus floue pour ceux qui paient l’eau dans leurs charges : 55% ne savent pas combien elle leur coûte par an.

Encore une fois, la difficulté à avancer un chiffre est particulièrement élevée en habitat collectif, parmi
les locataires, ceux qui paient leur consommation d’eau dans leurs charges, les femmes, les moins de 25 ans et plus de 65 ans, les habitants des régions Ouest, Paris, Méditerranée, de l’agglomération parisienne et
des agglomérations de plus de 100 000 habitants,
les personnes seules, les classes économico-sociales
les moins favorisées et ceux au revenu inférieur à
1 200euros.

En revanche, certains ont beaucoup moins de difficulté
à avancer un chiffre. C’est le cas des personnes logées en habitat individuel, des propriétaires, des hommes,
des personnes de 45 à 64 ans, des agriculteurs, des cadres, des habitants des régions Est et Sud-Ouest, des ruraux,
des classes économico-sociales moyennes, des personnes au revenu supérieur à 1 200 euros et des abonnés.


UNE PERCEPTION DU NIVEAU DES PRIX QUI DEMEURE INCHANGÉE DEPUIS TROIS ANS

58% des Français trouvent l’eau potable « plutôt chère ». Dans le même temps, 32% la trouvent « plutôt bon marché » et 10% ne se prononcent pas. Ces chiffres sont, non seulement, quasiment identiques depuis 2005, mais, de surcroît, les évolutions sont très peu marquées sur cette question depuis 12 éditions de ce baromètre.

Cette année, les propriétaires et les personnes résidant en habitat individuel sont nettement moins nombreux qu’en 2006 à juger l’eau « plutôt chère ».
En outre, cette opinion est davantage partagée par les plus de 45 ans, les inactifs dont les retraités, les habitants
des régions Nord et Ouest, des agglomérations de
2 000 à 20 000 habitants et de plus de 100 000 habitants, les abonnés et les personnes au revenu compris entre 1 500 et 1 800 euros par mois.

Les plus convaincus du caractère "plutôt bon marché" de l’eau du robinet sont les 25-44 ans, les agriculteurs,
les artisans-commerçants-chefs d’entreprise, les cadres,
les habitants des régions Sud-Ouest et Sud-Est, des zones rurales et de l’agglomération parisienne, les foyers de cinq personnes et plus et les personnes au revenu supérieur
à 3 000 euros.
On observe, par ailleurs, une fréquence de non-réponse plus élevée parmi les 18-24 ans, les parisiens, les habitants de l’agglomération parisienne et des agglomérations de 2 000 à 100 000 habitants, ceux qui paient l’eau dans leurs charges, les parents d’enfants de moins de deux ans,
et les personnes au revenu compris entre 3 000
et 3 800 euros.


DES FRANÇAIS PRÊTS À PAYER L’EAU PLUS CHÈRE POUR PRÉSERVER LES RESSOURCES, MAIS PAS POUR LA QUALITÉ AU ROBINET.

Jusqu’à cette année, il était demandé aux Français s’ils étaient prêts à payer l’eau plus cher pour en préserver la qualité. En 2007, nous avons souhaité scinder cette question entre qualité des ressources et qualité de l’eau distribuée, pour évaluer dans quelle mesure ils portaient un jugement différent dans les deux cas. Le résultat est assez intéressant :

- 55% sont disposés à payer l’eau du robinet plus cher pour améliorer
la préservation des ressources, tandis que 44% se déclarent opposés à cette idée ;
- Mais seuls 47% sont prêts à faire de même pour préserver la qualité
de l’eau du robinet, alors qu’une courte majorité, de 52% exprime
son désaccord sur ce point.

Les plus disposés à payer l'eau plus cher pour, d’une part, en préserver la qualité et, d’autre part, améliorer
la préservation des ressources naturelles en eau sont
les personnes résidant en habitat collectif, les moins de 24 ans, les cadres, les parisiens, les habitants de la région Ouest et de l’agglomération parisienne, les foyers avec enfant de moins de 2 ans, la classe économico-sociale
la plus favorisée, les personnes au revenu supérieur à 2 300 euros et ceux qui paient leur consommation d’eau dans leurs charges.

Les plus opposés à cette proposition sont, en revanche,
les plus de 65 ans, les retraités, les habitants du Nord
et des agglomérations de plus de 100 000 habitants
et les personnes au revenu compris entre 750
et 1 000 euros ou entre 1 800 et 2 300 euros.


LES FRANÇAIS TROUVENT NORMAL DE PAYER LES DIFFÉRENTS ÉLÉMENTS CONSTITUANT LE PRIX DE L’EAU… MÊME SI TOUS N’ONT PAS LA MÊME LÉGITIMITÉ À LEURS YEUX

Les Français accordent en effet aux différentes composantes du prix
de l’eau une légitimité similaire à celle de l’année dernière. On retrouve cependant toujours des différences d’appréciation selon les éléments dont il est question, tous ne recueillant pas le même taux d’adhésion.

Dans le détail, de très nettes majorités de Français se dégagent toujours pour trouver « normal » de payer les traitements pour rendre l’eau potable (84%), la distribution de l’eau (75%) et la dépollution des eaux usées (80%). Le paiement de ces trois éléments, identifiés
par les Français comme l’expression concrète du service de l’eau,
a toujours inspiré un accord sans équivoque, et ces trois résultats sont tout à fait similaires à ceux relevés en 2006.
Le cas des redevances de protection de l’environnement
et des redevances de solidarité avec les zones rurales se caractérise encore une fois par un agrément sensiblement moins marqué : avec 67% de Français jugeant normal de payer les redevances
« environnement » et 61% en faveur des redevances « zones rurales », les scores d’agrément sont eux aussi globalement comparables à ceux de l’an dernier (respectivement 68% et 64% d’agrément).

L’abonnement au service est encore une fois l’élément dont la légitimité est jugée de la façon la plus contrastée. Ainsi, 51% des interviewés trouvent « normal » de le payer (contre 53% en 2006), alors que 46% des Français ne trouvent toujours pas normal de le payer (44% en 2006). Le différentiel en faveur de l’abonnement n’est donc que
de 5 points.
La comparaison avec le jugement porté par les Français sur
les abonnements à l’électricité et au téléphone fixe fournit
des enseignements tout à fait similaires aux années précédentes. L’abonnement pour l’électricité obtient toujours un taux d’agrément légèrement supérieur : 54% (stable) trouvent normal de le payer, contre 43% (inchangé) d’avis contraires. A l’inverse, une majorité de Français (52% contre 45%) ne trouve pas normal de payer un abonnement pour le téléphone fixe.


LES FRANÇAIS SONT LARGEMENT CONVAINCUS QUE LE PRIX DE L’EAU VA AUGMENTER DANS L’AVENIR, DU FAIT
DE LA RARÉFACTION DES RESSOURCES

Les Français sont toujours très pessimistes quant à l’évolution future
du prix de l’eau, puisque, pour 84% d’entre eux, le prix de l’eau va encore augmenter dans les années à venir, il s’agit certes d’un léger recul, de 3 points (87% en 2006), mais cette opinion rassemble
une écrasante majorité. 9% pensent que l’eau restera au même prix qu’aujourd’hui, 3% moins chère qu’aujourd’hui et 3% ne se prononcent pas.

Nouvelle preuve que l’opinion s’inquiète d’une possible raréfaction
des ressources en eau dans l’avenir, cette explication d’une future augmentation du prix de l’eau s’est désormais installée au niveau record qu’elle avait atteint l’année dernière, après une hausse assez spectaculaire. En effet, lorsque l’on interroge les Français sur les causes expliquant, selon eux, cette future hausse des prix, la « raréfaction
des ressources » est citée à 42% (idem en 2006). Sur douze éditions
du baromètre, la proportion de Français faisant le lien entre raréfaction des ressources et hausses de prix a été tout bonnement multipliée par trois (13% en 1996) !
La pollution des ressources est, quant à elle, citée à 23%, soit 4 points de moins que l’année dernière (27%). L’inflation figure toujours au rang des principales causes d’augmentation future du prix de l’eau, envisagées par les Français : elle est cette année citée à 29% (stable), chiffre dans la moyenne des dix dernières années. Quatrième cause avancée par les Français convaincus d’une future hausse des prix,
la nécessité d’effectuer davantage de traitements pour rendre l’eau potable est cette année citée à 11%. Elle devance désormais
le développement des travaux d’assainissement, qui chute encore de 3 points, à 9% (contre 12% en 2006 et surtout 18% en 2005 !).


UN SENTIMENT TOUJOURS AUSSI NET DE DÉPENSER MOINS POUR L’EAU QUE POUR L’ÉLECTRICITÉ

61% des Français estiment que leurs dépenses d'électricité annuelles sont supérieures à ce qu'ils paient pour l'eau, (chiffre inchangé par rapport à 2006), tandis que la part des personnes sondées pensant dépenser plus pour l’eau que pour l’électricité atteint 16% cette année (stable également). 16% enfin, pensent que ces deux postes
de dépense sont comparables. 7% ne se prononcent pas.
Pour ce qui est des dépenses de téléphone, les perceptions sont moins radicales, même si elles sont, de même, à l’avantage des dépenses d’eau : 45% des Français estiment que leurs dépenses d’eau sont moindres que celles de téléphone. 33% pensent l'inverse et 13% penchent pour une identité de dépense. 9% ne se prononcent pas. Ces résultats sont tout à fait similaires à ceux de 2006.



 
 
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