Qualité de l'eau : les médias sont-ils objectifs ?

Par le Centre d'information sur l'eau, le lundi 6 janvier 2014 11:09

En ce qui concerne la qualité de l’eau, il est regrettable que, trop souvent, les seules sources d’information accessibles soient des émissions de télévision ou de radio accrocheuses ou catastrophistes. Une question au Pr Hartemann.

Le Centre d’information sur l’eau : Professeur Hartemann, s’agissant de la qualité de l’eau, le traitement médiatique est-il toujours objectif ? 

Pr Philippe Hartemann : Il est clair que la notion de danger fait vivre, cela fait vendre. Malheureusement un certain nombre de sujets se prêtent bien à une forme d’exagération du risque en se focalisant uniquement sur le danger.

Il est très facile de faire des titres, par exemple « Du Prozac dans l’eau du robinet ». Je pense que tout le monde a vu ce titre qui est totalement faux sur le plan scientifique mais, en revanche, il est sûr que penser que l’on peut avoir du Prozac dans l’eau est plus attirant que de parler de tel ou tel autre médicament. (…)

On peut le [le Prozac] retrouver dans les eaux usées, dans les rivières, donc c’est vrai que des poissons peuvent être soumis à du Prozac. En revanche, c’est le médicament qui est le mieux éliminé dans les stations de traitements de l’eau ! S’il y en a bien un que l’on ne va pas retrouver dans le robinet, c’est celui-ci. Or c’est pourtant le titre que tout le monde a retenu.

Philippe Hartemann est professeur de Santé Publique à la faculté de médecine de Nancy (Université de Lorraine) et chef du service Hygiène hospitalière du centre hospitalier régional universitaire de Nancy. Retrouvez l’interview complète en format audio en cliquant sur le player ci-dessus ou sur le site SoundCloud.

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