L’évolution du concept de propreté (partie 1/2)

Par le Centre d'information sur l'eau, le lundi 17 mars 2014 08:00

La propreté aujourd'hui se réfère à l'individualisme et aux nouveaux modes de consommation. "L'espace intime s'est creusé jusqu'au vertige" souligne Georges Vigarello.

Les rêves consommatoires, l'attention au mieux-être définissent notre rapport à la propreté (partie 1).

George Vigarello, né en 1941, est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et codirecteur du Centre Edgar Morin, anciennement le Cetsah. Pour lui, « L'image de l'hygiène au 20ème naît au 19ème siècle avec une nouvelle exigence à l'égard de l'eau, qui consiste à faire venir de plus en plus des masses d'eau ». L'évolution de la consommation à Paris est de 7 litres par habitant à plus de 300 litres par habitant (en incluant l'eau consommée par les usines). C'est une différence considérable.

« Avec la création de cet espace clos qu'est la salle de bains, dans laquelle personne n'a à entrer sinon la personne qui l'utilise. C'est une vision nouvelle et exigeante de l'intimité. La baronne de Staff écrit en 1892 « Le Cabinet de toilette ». Elle précise que cet espace est totalement privé : même la domestique n'a pas à y entrer. Donc il faut aménager l'intérieur de cet espace de telle sorte que vous puissiez en disposer sans avoir besoin de quelqu'un. »

L'eau du robinet et l'intimité

Or, dans la noblesse et l'aristocratie, on a toujours besoin de quelqu'un qui vient vous enlever le vêtement ou qui vous aide à le mettre. Il faut donc créer un système de communication entre les lieux, les objets et les gestes, qui permettent de vous en occuper vous-même. La baronne Staff ajoute que dans cet espace, l'époux aimé, fût-il le plus aimé, n'a pas à entrer lorsque vous y êtes. On voit que se crée quelque chose de l'ordre de l'intimité, dès la fin du 19ème siècle. Nous sommes tributaires de cela. En revanche, bien entendu, l'arrivée de la salle de bains pour tous les logements de la population a été lente.

« Il est tout à fait banalau début du 20ème siècle, poursuit Georges Vigarello, de construire des immeubles qui n'aient pas du tout d'espaces sanitaires. Simplement, l'eau parvient à la cuisine. C'est seulement dans la deuxième moitié du 20ème siècle que les appartements seront instrumentés de manière tout-à-fait banale et classique avec une salle de bains. La bourgeoisie dispose de baignoires et de salles de bains. Dans la petite bourgeoisie, des espaces s'installent, qui ne sont pas encore des espaces suffisamment larges pour pouvoir permettre l'existence d'une baignoire mais on installe des demi bains, de petits sabots. Brusquement se crée tout un ensemble d'entreprises qui sont prêtes à vous proposer ces lieux où vous êtes recroquevillés pour pouvoir prendre votre bain. »

Ces lieux ont complètement disparus aujourd'hui pour laisser la place à la « salle de bains », dont on pourrait difficilement se passer.

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