Les ressources en eau : quelles pollutions ?

Par le Centre d'information sur l'eau, le lundi 7 octobre 2013 08:19

 Les différentes activités humaines recourent à des dizaines de milliers de produits chimiques dont les déchets, pour la plupart, se retrouveront un jour ou l'autre dans l'eau.

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La démographie et l'urbanisation vont sans cesse croissant. Les besoins en eau augmentent. Le développement des activités humaines s'accompagne, inévitablement, d'une production de rejets polluants.

Dans toute l'Europe, les données mettent en évidence les pollutions persistantes des cours d’eau et des nappes souterraines.
En France, en 2009, 24 % des eaux de surface et 41 % des eaux souterraines ne sont pas en bon état chimique (source : Eaufrance, De l'état des eaux en 2009 aux objectifs 2015).

Qu’est-ce qu’une pollution ?

Le mot « pollution » existe dans la langue française depuis le XIIème siècle. Mais ce n’est que vers 1960, qu’il prend son sens de dégradation d’un milieu par l’introduction d’un élément malsain.

Il existe deux sortes de pollutions : les pollutions organiques d’origine naturelle (gaz, substances minérales ou organiques, bactéries, virus, plancton, particules d’argile, déchets végétaux) et les pollutions chimiques ayant comme origine les activités humaines.

Comment les ressources en eau sont-elles victimes de la pollution ?

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Rivière eutrophisée© Laurent Mignaux/METL-MEDDE

Tout d’abord, il faut rappeler que le milieu naturel sait lutter contre une pollution qui reste dans de faibles proportions. C’est l’auto-épuration, processus biologique qui permet aux cours d’eau et aux lacs d’éliminer ces pollutions grâce aux bactéries et aux algues. Mais, les capacités d'auto-épuration de la nature sont désormais insuffisantes pour faire face à l'ensemble des pollutions.

Chaque année, les précipitations alimentent les cours d’eau et les nappes souterraines. C’est ainsi que 70 milliards de m3 d’eau se chargent tout au long de leur parcours de polluants, urbains et agricoles, avant de ruisseler dans les cours d’eau et de les contaminer. Les rivières reçoivent également les eaux usées et les eaux pluviales des   communes une fois quelles ont été dépolluées en station d'épuration. Bien que minimes, ces apports dégradent la ressource quand les eaux usées sont insuffisamment traitées.

De la même manière, 100 milliards de m3 d’eau traversent sols et roches qui la chargent aussi bien en éléments utiles comme les sels minéraux qu’en éléments indésirables ou toxiques avant de rejoindre par infiltration les nappes souterraines. Selon leur nature, sols et roches peuvent avoir une action positive ou négative sur les pollutions. Dans un cas, ils sont des filtres protecteurs détruisant ou dégradant des polluants et l'eau souterraine reste protégée des contaminations de surface. Au contraire, ils peuvent être des catalyseurs laissant migrer les polluants et la nappe souterraine n’en sort pas indemne.

L’eau souterraine se renouvelle lentement : des jours, des mois ou même des années. C’est pourquoi, lorsqu’une nappe est touchée, la résorption des polluants est longue. Un cours d’eau s'écoule à un mètre par seconde tandis que l'eau souterraine peut mettre un an à parcourir un mètre.

Il y a des zones plus sensibles que d'autres au risque de pollution :

- les masses d'eau douce, estuaires et eaux côtières qui sont particulièrement sujettes à l'eutrophisation (développement d'algues asphyxiant le milieu) ;

- les eaux douces de surface destinées au captage d'eau potable où la teneur en nitrates risque de dépasser la norme (50 mg/litre) ;

Les zones où un traitement complémentaire doit être mis en place pour respecter d'autres directives européennes (eaux piscicoles ou conchylicoles, eaux de baignade, protection des oiseaux sauvages...).

Qu’est-ce qui génère une pollution ?

Pollutions organiques

Quels qu’ils soient, les usagers rejettent des ordures ménagères végétales ou animales, des déchets animaux ou végétaux, des excréments ou des déjections animales qui sont autant de pollutions organiques. Ces rejets contiennent des bactéries ou des virus qui peuvent entraîner une pollution microbiologique et donc un risque pour la santé publique. Des pollutions organiques peuvent être également causées par la dissolution dans l’eau de matières organiques ou par des phénomènes naturels.

Pollutions chimiques

Grandes cultures et déjections animales élevages sont des causes majeures des pollutions chimiques : engrais (nitrates, phosphates, cadmium), pesticides, herbicides, médicaments vétérinaires et compléments alimentaires distribués dans les élevages (cuivre, zinc), azote ammoniacal et phosphore pénètrent dans le sol puis dans l’eau souterraine ou de surface. L’épandage de lisiers dans une proportion supérieure à la capacité des sols et des cultures à les absorber est notamment en cause. Les nitrates et les phosphates issus des engrais favorisent la prolifération d’algues et de bactéries qui s’en nourrissent, ce qui entraîne une mauvaise oxygénation : c’est ce qu’on appelle l’eutrophisation des cours d’eau, des lacs et des littoraux. Pour les nitrates, en 2010-2011, environ 55 % de la surface agricole est classée en zone vulnérable, cela correspond aux régions où l'activité agricole est la plus importante (Source : Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie). 91 % des cours d'eau et 70 % des eaux souterraines sont touchés par les pesticides (Source : Commissariat général au développement durable 2009).

Les activités industrielles sont responsables pour moitié des rejets polluants organiques (matières en suspension, produits azotés et phosphorés) et de la quasi totalité des rejets toxiques (métaux, hydrocarbures, acides, matières) et de déséquilibre écologique en réchauffant les eaux. En 1978, l’Etat estimait que 55 % de la pollution des ressources en eau provenait des rejets industriels. Depuis, la mise en place dans ces industries de stations de traitement des eaux usées a largement amélioré la situation.

Les eaux usées produites par les artisans, les commerçants, les établissements de soin, les collectivités mais également par les particuliers sont à l’origine de pollutions. Produits de nettoyage des pressings, produits de coloration des salons de coiffure, solvants des imprimeries, lubrifiants des garages, résidus de soins, résidus de nettoyage, produits d’entretien, peintures, matières organiques azotées, germes fécaux… autant de polluants rejetés dans les canalisations et envoyés dans les stations de dépollution des eaux usées ou, pire, remis directement dans le milieu naturel.

Quelles conséquences pour l'eau du robinet ?

Il ne faut pas faire d’amalgame entre la qualité des ressources en eau et la qualité de l’eau du robinet.
Tout d'abord, il faut savoir qu'une ressource en eau de mauvaise qualité ne peut être retenue pour fournir de l'eau destinée à la consommation humaine. Une ressource en eau retenue pour produire de l'eau de distribution est classsée parmi trois catégories. Les traitements plus ou moins sophistiqués dépendront de ce classement. Les techniciens assurent les différents traitements qui garantissent une eau répondant aux critères de potabilité. Un tiers des volumes prélevés pour l'alimentation en eau potable nécessite un traitement poussé.

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