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PESPECTIVES INTERNATIONALES ET RISQUES DE CONFLITS
L'eau pourrait devenir, au XXIème siècle, un enjeu politique et économique comparable à ce que fut, par exemple, le pétrole durant les dernières décennies.
En effet, les Nations-Unies tablent actuellement sur un accroissement de la population mondiale supérieur à deux milliards d'individus d'ici 2025, la Terre compterait alors plus de 8 milliards d'habitants. Cette croissance démographique concernera essentiellement des pays en développement, dont bon nombre connaissent déja des difficultés dans le domaine de l'eau.
Ce seul fait suffit à appréhender les risques à venir de tensions accrues sur les ressources d'eau, au niveau mondial. Si l'approche internationale de la gestion des ressources n'évolue pas significativement dans les prochaines années, les deux tiers de la population mondiale pourraient subir des manques d'eau plus ou moins forts en 2025.
UNE MULTIPLICATION DES SITUATIONS CONFLICTUELLES Dans ce contexte, il est à craindre que des situations conflictuelles se multiplient. Au sein même des Etats tout d'abord, avec des conflits prévisibles entre catégories d'utilisateurs. Pour l'essentiel, entre agriculture et alimentation en eau des populations. La réduction de la part de l’usage agricole est d'ailleurs une tendance qui tend à s'affirmer dans les pays développés : celle-ci doit devenir de plus en plus économe. Parallèlement, un certain nombre de conflits entre Etats ont pour origine l'usage des ressources transfrontalières. Les tensions existantes pourraient s'intensifier à mesure que les contraintes hydriques se feront plus fortes. L'ONU évalue ainsi aujourd'hui à plus de 300 le nombre de rivières transfrontalières pouvant constituer un enjeu conflictuel dans un avenir proche. Le cas du Proche et Moyen-Orient est d'autant plus inquiétant qu'il s'agit d'une région où les rivalités sont déjà très vives. De surcroît, c'est une des zones du monde où les problèmes de pénurie d'eau devraient se faire le plus durement sentir à brève échéance. Actuellement, le partage des eaux se situe au cœur des préoccupations du processus de paix israélo-arabe. Il constituait d'ailleurs l'un des grands thèmes du traité de paix de 1994 entre Israël et la Jordanie. Aujourd'hui, l'eau est aussi l'une des pommes de discorde entre israéliens et palestiniens, les territoires palestiniens étant situés sur une zone considérée par Israël comme hydrologiquement stratégique (notamment l'aquifère de Judée-Samarie). De même, le "contrôle" des ressources du Tigre et de l'Euphrate oppose de plus en plus ouvertement les trois grands pays riverains : Turquie, Syrie et Irak. La Turquie, qui peut profiter de sa situation en amont, dispose ici d'un atout de poids pour affirmer sa domination régionale. Les pays en aval, pour qui ces ressources sont vitales, ont pu s'émouvoir des aménagements hydrauliques réalisés par la Turquie sur le cours de ces fleuves (en particulier, le barrage Atatürk au début des années 90). Ce dossier se greffe d'ores et déjà sur d’autres rivalités géopolitiques entre ces nations.
Des situations analogues existent dans d'autres régions du monde :
- Le Nil, avec les rapports plus ou moins tendus qu'entretiennent les trois pays riverains les plus en aval (Egypte, Soudan et Ethiopie), dans une zone aride ou aucune agriculture ne serait envisageable sans le fleuve.
- Plusieurs litiges perdurent dans le sous-continent indien pour le contrôle du débit des fleuves : l'Indus entre l'Inde et le Pakistan, le Gange et le Brahmapoutre entre l'Inde, le Bengladesh et le Népal. Le tout, bien sûr, sur fond de crises persistantes entre ces différents pays.
- l'éclatement du bloc communiste a généré un certain nombre de litiges hydriques, les destins des états (parfois nouvellement créés) n'étant plus liés comme par le passé et le réveil des nationalismes nourrissant souvent ces revendications. C'est notamment le cas entre la Hongrie et la Slovaquie, en Asie mineure ex-soviétique et en ex-Yougoslavie.
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