Les pénuries d’eau dans le monde (1/2)

Par le Centre d'information sur l'eau, le mercredi 23 septembre 2015 09:31

Selon Alexandre Adler, historien et journaliste, interrogé par Le Centre d'information sur l'eau, la pénurie d'eau devrait entraîner des tensions nouvelles.


Les quinze ou vingt prochaines années, la... par mycieau

De l'ère de l'eau facile, nous entrons dans l'ère d'une eau patrimoine. L'eau doit être préservée pour qu'elle coule au robinet et demeure saine pour notre santé.

Le Centre d'information sur l'eau : Les quinze ou vingt prochaines années, la gestion de pénuries d'eau va prendre de plus en plus d'importance pour certains pays. Y a-t-il des solutions pour éviter ce scénario ?

Alexandre Adler : Les solutions existent. Certaines sont connues, et d'autres pas encore. Il existe dans la recherche une batterie de possibilités qui doivent être explorées. Certaines solutions ne tiendront pas la route. Et d'autres, au contraire s'avéreront beaucoup plus intéressantes que ce que l'on imaginait.

Les solutions immédiates sont de conserver un peu l'eau : faire en sorte d'en consommer moins là où on le peut, et donc de la traiter comme une ressource beaucoup plus rare que l'on ne l'imaginait, de manière à ne pas consommer les stocks notamment dans des bêtises. Aujourd'hui, on culpabilise beaucoup les enfants à l'école, les gens avec le robinet du lavabo, qu'on laisserait couler. On peut quand même se brosser les dents tous les jours, il n'y a aucun problème, on peut prendre une douche ou deux tous les jours, on doit tirer la chasse quand on va aux cabinets, contrairement à ce que certains idéologues écologiques nous racontent. Ce n'est pas là véritablement que l'eau est en train d'être en pénurie.

Certaines cultures irriguées de façon inconsidérée

En revanche, on sait, certaines cultures irriguées où l'eau a été dépensée de la manière la plus inconsidérée, sont en train de créer des problèmes très graves. L'Ouzbékistan a été transformée par l'idée stalinienne de la spécialisation, et n'a produit que du coton. Des vergers, des régions d'arbres fruitiers qui étaient magnifiques on étés arrachés pour fabriquer le coton. L'Ouzbékistan est devenu aujourd'hui le premier producteur mondial de coton. L'utilisation des ressources en eau a desséché complètement les nappes phréatiques. Le niveau des lacs comme la mer d'Aral et le lac Balkhach sont alarmants et sont la conséquence de ces politiques inconsidérées. Il faut reconvertir, ce qui n'est pas simple, l'économie cotonnière de l'Ouzbékistan.

Mais dans un pays développé qui n'est pas censé faire de grosses bêtises comme le font les États-Unis, nous constatons que l'extension des cultures, notamment expansives, dans des régions sèches, amène un pompage des nappes phréatiques de plus en plus inquiétant. La grande nappe Ogallala, au centre des Etats-Unis se vide.

Le cas de Phœnix

Autre exemple, une ville géante comme Phoenix, peuplée de retraités avec le conditionnement d'air à tous les étages est en train lui aussi de consommer une part de l'eau excessive. Je ne dis pas que la solution c'est de laisser les personnes âgées à Phoenix s'étouffer dans la chaleur, mais il faut réfléchir à des moyens d'utilisation de cette eau moins destructrices.

Nos agriculteurs dans le Sud-Ouest, qui cultivent du maïs, arrosent beaucoup, et beaucoup plus que les gens qui ne font pas attention au robinet de leur lavabo. C'est là que les problèmes d'utilisation de l'eau se trouvent posés. Bien entendu, je ne propose pas ici de demander aux agriculteurs d'arrêter leurs activités productrices.

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