L'avenir de l'eau en France : les grands défis

Par le Centre d'information sur l'eau, le lundi 24 mars 2014 08:00

Face aux pollutions émergentes notamment, et leurs conséquences, il convient d'organiser la prévention de la santé des populations utilisant l'eau.

La solution la plus adéquate est la limitation de la pollution des cours et plans d'eau.

Le Pr Philippe Hartemann, de la Faculté de médecine de Nancy, spécialiste de l'eau du robinet, identifie plusieurs défis. Le premier défi est un défi de qualité de la ressource : la situation s'améliore à certains endroits, elle ne s'améliore pas à d'autres. « Dans un rapport du commissariat général au plan sorti il y a une dizaine d'années, s'est posée la question de créer des « sanctuaires de l'eau ». L'office du littoral l'a fait, via des rachats de terrains, afin de protéger à long terme des zones géographiques pour léguer aux générations futures des eaux souterraines de bonne qualité. Pour le moment, cette proposition est restée lettre morte en raisons des conséquences financières et foncières qu'elle provoquerait. »

L'eau va devenir plus rare dans le sud de la France

Le deuxième défi est lié à la quantité d'eau. « Le réchauffement climatique provoquera des modifications hydrologiques importantes. L'eau va devenir plus rare dans des zones situées dans le Sud de la France. Pour faire face à ces à-coups il faudra prévoir des ressources : faire des réserves, de type barrages. Cela ne sera pas facile, car il s'agit de terrains ou les intérêts humains et économiques se croisent, mais incontournable, car tous les pays confrontés à des sécheresses ont été amenés à revoir leur politique de l'eau. Cette gestion de la ressource va se compliquer par l'alternance d'épisodes de sécheresse (même dans les zones géographiques sans problème de ressource en eau), et de pluies intenses, que l'on observe déjà. Or, une pluie intense amène des débordements, par des apports de pollution, des lessivages etc. »

La notion de qualité de l'eau produite

Le professeur Hartemann identifie un troisième défi. Nous avons face à nous est la notion de « qualité de l'eau produite ». Cette notion est définie en fonction de deux paramètres.

D'une part, un certain nombre de molécules ou de micro organismes considérés comme des dangers émergents, n'étaient pas présents auparavant, par exemple parce que la chimie les a découverts. Par conséquent, la pollution de la ressource peut prendre des formes nouvelles. On découvre assez régulièrement quelque chose de nouveau, que l'on avait pas pris en compte jusqu'à maintenant : c'est un polluant émergent.

D'autre part, la myriade d'unités de distribution d'eau devra, pour faire face aux polluants classiques mais aussi aux polluants émergents, mettre en place des filières de traitement de plus en plus sophistiquées, donc coûteux : une toute petite commune n'en aura pas les moyens. Et même si l'on admet que la commune est capable de financer cet investissement, il faut prévoir aussi la surveillance et la maintenance.

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