Allons-nous manquer d’eau en France ?

Par le Centre d'information sur l'eau, le mercredi 23 septembre 2015 07:50

En France, nos réserves en eau sont considérables.

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En France, la ressource en eau disponible s'élève à 191 milliards de m3 par an alors qu'on estime la globalité des besoins du pays à 32 milliards de m3 par an. Les 270 000 km de cours d'eau, les 2000 milliards de m3 d'eau dans les nappes souterraines et les 480 milliards de m3 de précipitations annuelles (source : Méteo France) font que le pays dispose de ressources en eau considérables. 

Un Français dispose ainsi de 3265 m3 d'eau par an alors que le seuil de stress hydrique établi par l'Organisation Mondiale de la Santé est de 1700 m3.

Cependant, des nuances doivent être apportées. Les situations ne sont pas homogènes dans toutes les régions françaises. La régularité de la pluviométrie varie entre 0,5 et 2 mètres par an selon les régions. Les niveaux d'écoulement peuvent aller de un à dix. Les aquifères souterrains sont répartis inégalement sur le teritoire.La Bretagne a peu de ressources souterraines du fait de son sol granitique difficile à infiltrer. Dans le Sud-Est, le climat est plus sec et sujet à de grandes variations de précipitations. Dans une partie du Sud-Ouest, les forts besoins consécutifs à l'augmentation des surfaces à irriguer entraînent un risque accru de sécheresse.

La France est régulièrement affecté par des épisodes de sécheresse. Dans le langage commun, le mot sécheresse se réfère à la sécheresse météorologique, c'est à dire à une période prolongée de précipitations en-dessous de la moyenne. Or, il y a aussi la sécheresse agricole quand il n'y a pas assez d'humidité pour les cultures et la sécheresse hydrologique quand les réserves d'eau disponibles dans les nappes souteraines, lacs et réservoirs descendent en-dessous de la moyenne. La période où les pluies rechargent les nappes se situe de septembre à avril. En dehors de cette période, le rechargement des nappes souterraines par les précipitations est inefficace. Lorsqu'il y a sécheresse, c'est la surface de la nappe souterraine qui s'assèche et a du mal à humidifier le sol au-dessus d'elle, ressortir sous forme de source ou soutenir le débit des cours d'eau. En France, en cas de sécheresse, l'approvisionnement de la population en eau potable n'est pas menacée. Les sources d'approvisionnement sont variées et les réseaux sont suffisamment interconnectés pour pallier à un manque d'eau sur l'un d'entre eux.

Des nappes souterraines insuffisamment rechargées, peu de pluies au printemps ou en début d'été alors que c'est les moments où les cultures ont le plus besoin d'eau sont des facteurs de pénurie d'eau. C'est pourquoi dans des territoires où le déficit en eau est lié à l'agriculture, la répartition des volumes d'eau d'irrigation est désormais confié à un organisme de gestion collective qui délivre des autorisations de prélèvement d'eau.

434 installations industrielles les plus consommatrices en eau ont été rencensées en France. Deux tiers font l'objet d'un dispositif de réduction des prélèvements d'eau en cas de sécheresse. Ce qui se traduit par une diminution de l'utilisation de l'eau de 20 à 30 %, soit 4000 m3 par jour et par établissement.

Il convient aussi de diminuer les fuites dans les réseaux de distribution d'eau potable. Les 856 000 kilomètres de canalisations présentent des pertes. L'objectif d'un réseau bien entretenu est d'atteindre un taux de fuite de 15 % soit 600 millions de m3 préservés chaque année. La loi "Grenelle de l'Environnement" oblige désormais de généraliser la détection des fuites et de programmer les travaux nécessaires dans l'objectif minimum d'atteindre 20 % de pertes.

Pour conserver le plus possible les ressources disponibles, des actions existent pour disposer de resources dites "alternatives" : la récupération d'eau de pluie notamment par les collectivités, la réalimentation de nappes souterraines, les bassins de rétention les ou la réutilisation des eaux usées traitées par l'agriculture et les collectivités. Ces réutilisations doivent se faire dans le respect de la santé publique et de l'environnement.

Enfin, tous les scenarii de changement climatique tendent vers une augmentation de la fréquence et de l'intensité des sécheresses dans toute l'Europe du Sud d'ici à la fin du 21ème siècle. Ce phénomène entraînera une diminution des ressources disponibles et une augmentation de la demande. Le Plan d'Adaptation au Changement Climatique prévoit la diminution de l'ensemble des usages de l'eau de 20 % en 2020, l'adoption de pratiques moins utilisatrices d'eau et le développement des activités là où la quantité d'eau disponible est la plus importante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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