Le point sur la qualité de l'eau du robinet

Par le Centre d'information sur l'eau, le mercredi 23 septembre 2015 09:22

Communiqué du Centre d’information sur l’eau, 18 mai 2010.

Un produit sous haute surveillance

Le reportage diffusé sur France 3 le 17 mai a critiqué la qualité de l’eau du robinet. Le Centre d'information sur l’eau regrette certains propos alarmistes qui ont été tenus et qui ne reflètent toujours pas la réalité.

On ne peut déduire des généralités de cas particuliers. Indispensable à la vie, l’eau du robinet, en France, est l’un des aliments les plus réglementés et contrôlés. Le Centre d'information sur l’eau souhaite le rappeler et éclairer les consommateurs qui s’interrogeraient après cette mise en cause.

Les normes

L’eau du robinet est encadrée par des normes drastiques et subit plus de 310.000 contrôles officiels par an.  La surveillance quotidienne des exploitants et le contrôle permanent des autorités sanitaires s’exercent à tous les stades du processus de production et de distribution d’eau potable. Ce double contrôle permet de déceler toute anomalie et de prévenir toute défaillance dans la qualité de l’eau distribuée (les directions départementales des affaires sanitaires et sociales effectuent plus de 310 000 prélèvements et analysent 8 millions de résultats).

Pour chaque substance contrôlée, la norme est établie afin qu’une personne puisse boire 2 litres d’eau chaque jour, pendant toute sa vie, sans risque immédiat ou à long terme pour sa santé. Les limites de qualité définies par la réglementation française se fondent sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) issues de travaux scientifiques. La définition de ces « doses maximales admissibles » (DMA) prend comme référence les sujets les plus sensibles tels que les femmes enceintes, les personnes âgées et les enfants (notamment les nourrissons de moins de 6 mois) et prévoit également une importante marge de sécurité.

L’eau n’est pas la voie majeure d’exposition aux nitrates, aux pesticides, à l’aluminium ou à la radioactivité : les résidus dans l’air ou les aliments le sont bien davantage. Demande-t-on pour autant à la population de cesser de respirer  ou de se nourrir ? Pourtant, nous retrouvons, par exemple, mille fois plus de pesticides dans les légumes que nous mangeons que dans l’eau du robinet que nous buvons.

Lors d’une précédente polémique mettant en cause l’eau du robinet (juin 2009), l’Institut National du Cancer (INCA) affirmait : « Cette focalisation sur l’eau est d’ailleurs suspecte, tant sont faibles ses apports de substances hypothétiquement nuisibles par rapport à d’autres sources de polluants, qu’il s’agisse de pesticides, de nitrates ou de perturbateurs endocriniens.».

Lors d’un dépassement de norme, la population est systématiquement alertée et des plans d’actions sont engagés. Lorsqu’un ou plusieurs paramètres se rapprochent des seuils ou les dépassent, les autorités sanitaires, la collectivité locale et l’exploitant réagissent dans l’immédiat pour assurer la continuité du service. Ils sont soumis à l’obligation d’informer la population des restrictions de consommation, de mettre en place des actions correctives ainsi que des solutions de substitution pour l’alimentation en eau.

A titre d’exemple, en 2007, seul 0,8% des dépassements concernant les pesticides a nécessité une restriction de consommation de l’eau. (Source Direction Générale de la Santé).

Les autorités sanitaires, les collectivités locales et les exploitants savent que des dépassements de normes peuvent avoir lieu et mettent tout en œuvre pour en limiter la fréquence. Cependant, il faut encore une fois rappeler que les normes sont établies de manière à ce que ces dépassements temporaires soient encore loin des valeurs à risque : experts nationaux, européens et ceux de l’OMS sont unanimes sur ce principe.

Protégeons l'eau

La fragilité des ressources en eau doit mobiliser l’ensemble des acteurs de l’eau. Même si depuis 30 ans la présence de substances polluantes, dans les ressources, a été considérablement réduite, elle mobilise encore l’attention permanente de tous. Etat, collectivités, autorités sanitaires, agences de l’Eau, secteurs industriel et agricole, exploitants, associations environnementales, travaillent ensemble tant pour réduire les émissions de polluants à leur source que pour mettre en place de nouvelles filières de traitement quand cela est nécessaire. Les autorités sanitaires et les exploitants, en particulier, y consacrent d’importants programmes de recherche et de développement.

Répartition inégale

Si, dans le monde, nous assistons à des situations dramatiques où les gens meurent du manque d’eau ou de sa contamination, il convient de souligner que notre pays est doté des moyens pour produire une eau potable de bonne qualité sur tout son territoire.

Le Centre d'information sur l’eau participe à l’effort général pour que le consommateur soit toujours mieux informé. Depuis 15 ans, le Centre mène des actions auprès du grand public, des jeunes, des enseignants et des personnels de santé qui en ont fait une référence pédagogique. Le Centre d'information sur l’eau mesure également l’opinion des Français à l’égard de l’eau du robinet et du service public de l’eau. Fort de cette expertise, il constate que depuis 2001, que la confiance des consommateurs dans la qualité de l’eau du robinet est en hausse constante. Si le problème de pollution des ressources est indéniable et que des efforts restent à faire, rien ne justifie de fustiger l’un des produits alimentaires les plus contrôlés en France ni d’aiguiser, à tort, la peur des consommateurs.

Contact presse : Nathalie Davoisne 01 42 56 20 00
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